Association de malfaiteurs

Les ripouxDepuis « Les ripoux », Claude Zidi avait pris un virage très séduisant vers un nouveau comique plus en demi-teinte. Tout en restant fidèle à la carte du comique, le réalisateur de « classiques » comme « Les bidasses en folie » ou « L’aile ou la cuisse » s’est attaqué à des scénarios plus subtils, où la tendresse l’emporte sur le gag. « Association de malfaiteurs » raconte comment trois anciens élèves d’HEC, jeunes loups aux mâchoires de vainqueurs et grands spécialistes des gags, se retrouvent en cavale et traqués par la police parce qu’une de leurs mauvaises blagues a mal tourné et qu’un plus requin qu’eux les a pris au piège. Ecrit par les collaborateurs habituels de Zidi (Didier Kaminka, Michel Favre et Simon Michael), « Association de malfaiteurs » multiplie les rebondissements et les situations comiques, tout en restant au ras du quotidien. Dans ce soin du détail et de l’environnement familier mais légèrement décalé réside la réussite d’« Association de malfaiteurs ». Soutenu par trois jeunes comédiens particulièrement remarquables (Malavoy et Cluzet, mais -aussi Claire Ne-bout qui révèle toute sa splendeur dans ce film), Zidi prouve qu’il a bien mérité le César que lui a offert la profession pour « Les ripoux ». Son virage opéré avec « Deux » devait le confirmer deux ans plus tard.

La route des Indes

La route des Indes Metteur en scène de « Lawrence d’Arabie » et de « Docteur Jivago », l’Anglais Davici Lean, qui n’avait pas tourné depuis quinze ans, évoque ici l’Inde coloniale des années 20. Une jeune Anglaise (Judy Davis) débarque à Chandrapore pour rendre visite à son fiancé, jeune magistrat rigide, en compagnie de la mère de celui-ci (la savoureuse Peggy Ashcroft, Oscar du second rôle). Un Indien, le docteur Aziz, les invite à un pique-nique malgré la réprobation générale. Que se passe-t-il au cours de cette promenade dans la montagne ? Toujours est-il que la jeune fille. s’enfuit en accusant le médecin d’avoir tenté de la violer. Le procès qui va s’ensuivre, exploité par les mouvements nationalistes, va exacerber les sentiments anti-anglais de la population. Bref, cette énigme policière et psychologique d’une pesante ambiguïté se déroule dans le climat explosif d’un régime colonial finissant qui donne une résonance impressionnante à cette nouvelle fresque de David Lean remarquablement interprétée par la si anglaise Judy Davis et le surprenant acteur indien Victor Banerjee, sans oublier Sir Alec Guinness en gourou !

Décorer une chambre d’enfants

La décoration intérieure est un domaine qui m’intéresse particulièrement. J’en profite pour vous partager mes expériences. Je vais donc vous parler de la décoration avec des stickers muraux. Ces accessoires pratiques et bon marché m’ont été d’une grande utilité dans l’embellissement de mon intérieur. Voici mes conseils pour vous aider à transformer la chambre de vos enfants en un tour de main.

Le choix du thème de décoration

sticker mickeyLa décoration d’une chambre d’enfant est loin d’être une mince affaire. Vous devez choisir un thème adapté à son âge pour l’aider à se sentir chez lui. Vous pouvez aussi de ses couleurs ou de ses jouets préférés pour. Un enfant apprécie un style de décoration en adéquation au thème de son rêve. La prise en considération de ces thèmes vous aidera à trouver les autocollants répondant aux envies de votre enfant. Il vous est toujours possible de s’inspirer des magazines de déco pour trouver la décoration idéale pour la chambre de votre fille ou votre garçon.
Le choix est large en matière de motifs de stickers. Ce qui vous facilite la recherche de motifs répondant aux attentes de votre petit. Pour ma part, j’ai opté pour des stickers Mickey du fait que c’est son personnage de dessin animé préféré. J’ai utilisé ce lien pour les trouver http://www.popstickers.fr/25-mickey. Il vous est possible de trouver des autocollants aux motifs de votre choix sur le site PopStickers. Ce site m’a en effet permis de décorer la chambre de mon enfant ainsi que les autres pièces de ma maison.

La technique de pose

Les stickers muraux peuvent être collés directement au mur ou sur du papier peint. Ce sont des accessoires pratiques et faciles à poser. Ils ont l’avantage de pouvoir être changés au fur et à mesure sans besoin de grands travaux d’aménagement. La pose ne vous demandera que quelques minutes. Croyez-en mon expérience, l’opération est assez simple à réaliser. Vous pouvez vous y mettre à deux si votre autocollant est plus grand ou pour les coller de façon efficace. Vous devez coller votre adhésif et l’autre personne tient le reste pour éviter qu’il colle au mauvais endroit.

J’espère que ces quelques explications vous ont permis de vous décider à choisir les stickers à coller aux murs pour décorer la chambre de votre enfant. En plus d’être des accessoires pratiques, ils ne sont pas trop chers. Le site Popsticker vous propose de découvrir une large gamme d’autocollants décoratifs à partir de 2 euros.

Interview exclusif ! (suite & fin)

Ton premier livre date de quelle année ?

Je l’ai écrit en 1986 et il est sorti en 1987. Ça faisait longtemps que je pensais à écrire quelque chose.

Mon père écrivait lui-même des romans. Il a même bien joué puisque son premier roman a obtenu le prix Renaudot, ce qui, à l’époque, n’était pas mal car il était surtout connu comme journaliste. Les choses étaient alors bien cloisonnées : les journalistes n’écrivaient pas encore des romans. C’était il y a vingt ans, j’avais donc quatorze ans et je n’avais qu’une envie : écrire comme lui. Mais j’ai décidé d’écrire seulement le jour où je pourrais raconter autre chose que mes fumeuses introspections, ce qui est souvent le cas quand on est très jeune. J’ai donc attendu et, tout à coup, le cap de la trentaine est arrivé ! Ça a été « Le baiser du Dragon ». C’est tout simplement venu parce que j’avais envie de lire un livre comme celui-là. Dans un monde où les gens se prennent tellement au sérieux, je trouve intéressant et nécessaire d’écrire des choses qui ne sont pas sérieuses. J’ai donc écrit un livre sur le cul sans prendre le cul au sérieux ! Les gens n’ont d’ailleurs pas toujours compris puisqu’ils parlent de livre érotique alors qu’il n’a pas été écrit pour leur faire monter des fourmis dans la culotte. « Le baiser du Dragon » était un éclat de rire, une parodie de romans érotiques chinois. Les scènes prétendument érotiques sont, à mon sens, prétextes à des fous rires. Il y a une distance, un certain recul, les personnages sont toujours grotesques. Les journalistes, du moins certains, m’ont cataloguée comme auteur érotique.. C’est devenu une étiquette que j’assume parce que ça m’amuse. En plus, si mes bouquins étaient écrits par un homme, tout le monde dirait que c’est niais. Ça te démangeait depuis longtemps d’écrire des choses qui déclenchent des fourmis dans les pantalons ? Je savais que j’écrirais, mais pas spécialement des choses érotiques. Au départ, le « Le baiser du Dragon » devait être simplement un recueil de cochonneries rigolotes. C’était spontanément parti comme ça. Cela dit, les gens qui l’ont lu n’ont pas été émus par le cul, mais par ce qu’il y avait autour, c’est-à-dire des personnages, une intrigue et même une histoire d’amour cornélienne.

Et l’avenir ?

J’ai trois idées dans la tête et je ne sais pas dans laquelle je vais m’installer. Pas dans le cinéma, cet horizon étant pour l’instant très fermé.

Tu sembles être très sensible à la cause féministe.

Pas particulièrement. Cela dit, en tant que femme, je préfère être née en France. Si j’étais née en Corée, mon père m’aurait probablement imposé un mariage avec un homme coréen que je ne verrais pas de la journée. Là-bas, je ne – pourrais pas faire ce que je fais. Je n’aurais pas la possibilité d’exploser sur le plan individuel et artistique. Le problème de la femme dans le monde est un sujet qui m’intéresse.

Quelle est la question la plus con qu’on t’ait posée jusqu’à présent ? (à part celle-là) !

Si j’avais testé toutes les cochonneries que je racontais dans « Le baiser du Dragon ».

Ça tombe mal, on allait justement te la poser, celle-là !
(Enorme éclat de rire).

Comment s’organisent tes journées ?

Comme je suis très bordélique, je suis obligée de m’astreindre à une certaine discipline. Cela dit, je ne suis pas du style à me dire : je dois me lever à 7 heures… Je laisse les choses venir. Je reste plutôt chez moi. Mais je devrais me promener plus souvent quand il fait beau. C’est peut-être aussi parce que j’habite un peu en dehors de Paris, à Sèvres. Si j’habitais Paris, il est sûr que j’irais davantage traîner. En plus, j’adore écrire sur la terrasse d’un café ou au fond d’un bistrot.

Au Flore, comme Sartre ?

Non, non, non ! Pas là, dans un petit café bien crade.
Avec les piliers de bar ivres morts se traînant sur le sol carrelé entre les taches de vin ?

Ça ne me dérangerait pas. Au contraire, je me concentre bien quand il y a beaucoup de bruit qui ne me concerne pas.
Dans ton dernier livre, tu parles de consommation de haschisch, mais as-tu goûté à des substances plus hard ?

Oui, à la cocaïne, mais jamais à l’acide ou à l’héroïne. Je voulais voir ce que ça faisait. Je ne suis pas branchée sur l’autodestruction.

Et l’opium ?

Ha, l’opium, oui !

Ben tiens !

Pas beaucoup, mais oui. Papa, qui a vécu en Inde, a écrit de très belles choses sur l’opium. Comme j’ai été élevée dans ce contexte, j’y suis forcément venue. Quand je raconte, dans le livre, que la première fois que l’héroïne (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots) fume une pipe d’opium, elle a une envie folle de passer l’aspirateur, je dois confesser que ça m’est réellement arrivé ! Ce qui est assez décevant quand on s’y pi-é-pare depuis longtemps (à fumer de l’opium, pas à faire le ménage).

Les femmes de ménage apprécieront. Tu en trouvais facilement de l’opium à Paris ?

C’est un concours de circonstances. Ce n’est pas moi qui allait à l’opium, mais l’opium qui venait à, moi. J’ai toujours été assez passive pour ce genre de choses. En revanche, là, maintenant, si on reparlait de ce restaurant, ça me brancherait plutôt.
Compris, Éléphant bleu, on arrête la cassette. Direction l’Anapurna !

Interview exclusif !

Après l’interview, irons-nous nous sustenter dans un restaurant asiatique ? Pas de problème ? (ce n’est pas, en effet, d’une originalité foudroyante) !

Ho! Pour moi, tout ce qui est cuisine exotique, c’est bon !
Commençons par les présentations d’usage : qui es-tu, d’où viens-tu, que fais-tu ?

Ha ! Ha ! Ha ! (rire inquiet). Vais-je avoir droit à des questions du même tonneau durant la totalité de l’interview ?
Comme chez Jacques Chancel, hop !

Je vais commencer par parler de mes géniteurs. Sans eux, je ne serais pas ce que je suis. Papa était journaliste grand reporter. Français, Cévennol. Il a rencontré maman pendant la guerre de Corée, love story, et maman, qui est Coréenne, l’a suivi ; et voilà, je suis née un peu plus tard à Paris. Donc, j’ai déjà des racines doubles…

Et non point carrées !

Ça se lit sur mon visage. Ce n’est pas évident. Quand je vais en Corée, personne ne me prend pour une Asiatique. Je connais vraiment le statut des fesses entre deux chaises.
Nous y viendrons plus tard…

Mais ça ne me dérange pas, j’assume bien. Je vois mon métissage comme une addition. J’ai été élevée dans un contexte de famille européenne en ne connaissant que ses membres français. En fait, j’ai. commencé à m’apercevoir que j’étais un peu différente, un peu « jaune », quand on m’a proposé mes premiers rôles pour le cinéma, parce que, automatiquement, il s’agissait de rôles à étiquettes orientales. Là, j’ai pris conscience de ma différence.
Comment en es-tu arrivée au cinéma ?

Complètement par hasard. A Paris, après avoir vécu deux ans à Londres. Je venais de passer mon bac, je faisais de l’anorexie et, pour des raisons médicales, je me suis retrouvée deux ans à Londres.

Quel bac as-tu fait ?

Littéraire. Le bac le plus nul. J’ai fait du grec…
Quelle horreur !

Non, pas quelle horreur… j’ai toujours été passionnée de linguistique. C’est grâce au grec que j’ai eu ensuite envie d’apprendre le chinois et le coréen. Ce que maman n’avait pas fait. Et le grec m’a un peu servi de détonateur.
Les Grecs sont toujours détonants… Mais nous nous éloignons. À quelle carrière te destinais-tu ?

C’est très bizarre. En fait, dans ma tête, je n’avais aucun plan de carrière. J’ai toujours cueilli l’instant présent, sans jamais savoir ce que j’allais faire après. Je suis issue d’une génération « post-soixante hui-tarde ». Je m’étais dit : je fais les langues z’0 et on verra bien… Mon goût de l’éclectisme est né de cette époque.

Oui, mais bon, tu ne te destinais pas à la plomberie-« zinguerie », par exemple ?

J’était prête à tout. Ça dépendait de mes rencontres. Peut-être bien que si j’avais rencontré un plombier-zingueur, j’aurais choisi de faire carrière dans la plomberie-« zinguerie »… Le comportement de ma génération, c’était « À bas les idées reçues, les plans de carrière, on se fout des retraites… » Il y avait un bon petit vent velléitaire. C’était les seventies. La révolte bébête. J’étais prête à tout alors que mon père aurait aimé me voir devenir diplomate, après des études brillantes. Si, à l’époque, ma tête n’avait pas été contaminée par l’esprit « soixante-huitard » peut-être aurais-je fait Sciences Po et le reste. Dans cet état d’esprit, ‘on imagine plus facilement l’irruption du cinéma dans ma vie. C’est venu par hasard, sans ‘même que j’ai les tripes en feu depuis l’âge de quinze ans, comme la plupart des actrices…

Quel fut ton premier rôle ?

C’était dans un spectacle pour enfants, « L’histoire d’Aladin », à la porte de Pantin. Je jouais le rôle de la princesse. C’était génial ! Ça a duré trois mois. Ensuite, on m’a surtout proposé des rôles de plantes grasses ou de prostituées. Evidemment, le cinéma français n’ayant aucune imagination, les prostituées sont toujours jaunes. Généralement, je refusais, mais parfois j’acceptais comme dans « Madame Claude », film dans lequel j’avais un rôle très compartimenté : celui d’une banquière chinoise, simple spectatrice des cochonneries du film : je n’agissais pas. En plus, je devais parler anglais, ce qui m’amusait au plus haut point. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai accepté de faire ce film. Mais bon, après coup, je me dis que j’aurais très bien pu ne pas le faire…
Alors pourquoi avoir accepté? Pour l’argent ?

Non, parce que le rôle n’était pas du tout déshabillé. Je campais un personnage très digne. Mais le scénario n’était pas génial. Si j’avais eu plus de jugeotte…

Et si, demain, Coppola t’appelle pour te proposer une somme à mourir de rire dans son prochain film qui comporterait une scène déshabillée ?

Non, je ne suis pas sûre que j’accepterais. J’aime bien me déshabiller dans l’écriture, qui est devenu mon terrain de provocation. Montrer mes seins et mes fesses, non ! Il m’est arrivé de le faire dans « Les cinq dernières minutes ». C’était pour la télé et j’avais le rôle principal. La scène était justifiée. Je l’ai donc faite au milieu de plein d’autres. Elle n’a pas été conçue dans le seul but que je me mette les seins à l’air.. On me propose régulièrement de me déshabiller dans les journaux. Je réponds que c’est complètement idiot, autant garder le mystère entier. Autant que les lecteurs s’imaginent que j’ai une superbe poitrine ! C’est la technique du cache-misère : génial ! C’est mieux comme ça, les gens fantasment un maximum. S’ils voient, ça n’a plus aucun intérêt.

Dans combien de films as-tu joué ?

Je ne suis pas du genre à tenir ce type de comptabilité. Je n’en ai absolument aucune idée. Il n’y a que quelques films qui m’ont marquée, ce sont principalement des films réalisés pour la télévision, genre « Maigret » ou « Les cinq dernières minutes », donc pas des choses très reluisantes. mais dans lesquelles, au moins, on m’avait donné la chance d’interpréter des rôles solides qui n’avaient rien à voir avec mon physique.

Ce sens de la comédie est spontané ?

Je me suis toujours refusée à prendre des cours de comédie. J’avais une trouille folle de perdre ma spontanéité. Ce qui ne m’a pas empêchée de travailler mon métier de comédienne. J’ai appris, à travers la comédie, à faire passer des émotions, et elle m’a servi de pont pour passer à l’écriture.

Quels rôles aurais-tu souhaité interpréter ?

C’est une question qu’on me pose souvent. Quand on a, envie de jouer tel rôle, c’est qu’il a été sublimement interprété. Il ne m’est jamais venu à l’idée de me dire : zut, j’aurais bien aimé jouer ce rôle ! Mais les rôles qui m’attirent le plus sont ceux qui permettent de passer de l’émotion à la drôlerie en douche écossaise. J’aime ces performances de comédien. Donc un rôle dans ce registre qui est le plus difficile, je dis oui.

L’écriture, domaine dans lequel tu es maintenant très connue, t’a-t-elle amené d’autres propositions cinéma ?

C’est le problème des étiquettes, un problème très français d’ailleurs. À part quelques personnes fidèles qui me connaissent bien, mais qui ont du m’al à monter leurs productions, l’idée générale consiste à me cantonner dans le monde de l’écriture.
Reçois-tu beaucoup de scénarios ?

Franchement, non. Excepté des sit-com vis-à-vis desquelles je reste radicalement hostile.

Pourquoi n’écris-tu pas le scénario, de ton propre film ?
Par pudeur et par décence. Même si on n’a pas forcément pensé à toi en le concevant, lorsqu’on t’offre un rôle, c’est un cadeau. Quand tu l’interprètes ensuite, tu fais don de toi-même. Ce que je dis est peut-être un peu idiot…

Pensais-tu déjà à l’écriture au moment où tu étais comédienne ?
J’ai toujours fait plein de choses à côté, de mon activité de comédienne. Je faisais des relations publiques, des traductions, .des petits articles. J’ai toujours touché un peu à tout. J’ai coproduit un film aussi. Avec l’auteur et réalisateur qui est aussi mon compagnon. Le film s’appelait « Sois beau et tais-toi ». Il est sorti à Paris, à la sauvette, suite à des problèmes de distribution, sans pub, et il n’a pas marché. On a eu des dettes, on a ramé et récupéré les droits du film. On l’a ressorti deux ans après et on a pu rembourser nos dettes.

Es-tu une grande consommatrice de films ?

Oui, par périodes. Plus en salle qu’en vidéo. Sorry ! Par paresse. Parce que je n’ai pas le réflexe d’aller m’inscrire dans un vidéoclub pour aller chercher des cassettes.

Quels genres de films vas-tu voir ? Westerns, horreur, X, kung-fu ?

Les films X sont dans ma tête. Mais on peut toujours m’emmener voir un film érotique, j’irai par curiosité. Je ne dirai jamais : non, quelle horreur !
Et un porno dégueulasse ?

Si tu me le proposes, oui, pour voir ! Je ne suis pas une habituée de ce genre de salles…

Changeons de sujet. Dans ton dernier livre (« L’éléphant bleu ») tu mets en scène le personnage complexe de Minsky. A-t-il vraiment existé ? Non, mais il est vrai que j’avais rencontré un sculpteur américain qui vivait à Londres, dans un énorme entrepôt. On buvait du saké assis par terre dans sa chambre, avec d’autres gens. Il y avait ce grand drapeau américain, qui faisait penser à un linceul, au-dessus du lit. Ce sont des éléments que j’ai repris parce qu’ils m’avaient frappée. Mais Minsky traversant sur son scooter son atelier aussi grand que la gare Victoria, c’est une extrapolation !

Polnareff faisait ça avec une Harley-Davidson à Paris : Il avait de sérieux problèmes avec ses voisins ! C’est plus chic qu’en scooter ! J’ai situé l’action de mon livre dans le quartier de Kensington à Londres, un quartier génial, avec Kensington Market, d’où sont partis les principaux mouvements de mode et le magasin Biba, un endroit fantastique et fou. En 1973-1974, c’était marrant de voir déferler cette mode revival des années 30. Les gens se gominaient les cheveux alors que c’est venu en France beaucoup plus tard. Il y avait aussi le côté délire vestimentaire, les paillettes et les semelles compensées pour les mecs, qui se retrouvaient perchés sur des talons de 15 centimètres…

D’adolescent futile, le Festival de Cannes devient adulte responsable

Truffaut, Fellini, Bunuel, Visconti accèdent enfin aux palmarès. Boycotté en 1968,il laisse passer l’orage et, l’année suivante, tout se déroule sans heurts. C’est en 1972 que les organisateurs prennent la décision capitale de contrôler la sélectibn des films étrangers. Désormais, ce ne sont plus les pays qui envoient leurs œuvres, mais le festival qui choisit ou non de les présenter. Parallèlement à la compétition officielle, des manifestations se créent et se développent : la Semaine de la critique est la première en date, viennent ensuite la. Quinzaine des réalisateurs, Perspectives du cinéma français et Un certain regard. Cannes se rapproche alors de son visage actuel, puisque stars confirmées et auteurs en devenir sont également respectés. Ils participent de la même façon à l’évolution du 7e art. L’année 1983 voit l’ouverture, à l’époque contestée, du nouveau Palais, mais c’est dix ans plus tôt que la sélection française fait scandale avec «La maman et la putain» et « La grande bouffe». Depuis, nulle odeur de soufre ne vient maltraiter l’odorat de la faune obscure ou célèbre qui s’agite devant ou derrière la lanterne magique. Le miroir aux alouettes n’est pas près de se briser, et dans quelques jours, le jury du 43e Festival de Cannes, présidé par Bernardo Bertolucci, va rendre son verdict. D’ici là, soyez rassurés, bonnes gens et cinéphiles avertis, et n’ayez crainte, la palme dort…

Ne pas oublier nos souvenirs, c’est important !

Nos souvenirs sont les meilleures choses qui nous restent lorsque l’on arrive dans un certain âge. À part le fait de graver nos souvenirs en mémoire, on disposait aussi le moyen de les enregistrer dans des cassettes vidéo à l’aide d’une caméra analogique. Actuellement, la technologie nous présente des moyens efficaces de transférer nos cassettes vidéo en un format numérique (plusieurs sociétés le proposent comme http://www.keepmovie.fr/ ou d’autres) afin d’apporter quelques améliorations utiles sur la manière de les conserver et aussi d’avoir des images encore plus nettes que celle de l’originale.

La numérisation est l’unique moyen de sauvegarder en toute sécurité nos vidéos. Elle n’est pas du tout difficile à effectuer, mais nécessite certains matériels spécialisés ainsi que de quelques astuces de base. Mais en cas de problème, des professionnels de la multimédias veilleront, à des prix très abordables, à la transformation et numérisation de nos cassettes vidéo. À la suite des différentes étapes de la conversion, nous allons aboutir à un format mpeg-2 qui sera compatible à un lecteur DVD de salon. Il sera aussi possible de stocker la version numérique dans une clé USB, dans un disque dur et pourquoi pas dans certains supports numériques, comme la tablette PC, la carte mémoire ou bien les PSP.

sauvegardes informatiques

Pour ce qui concerne les formats, la numérisation est valable pour presque toutes les cassettes vidéo, dont le VHS, VHS-c, s-VHS, H8, Hi8, digital 8 et mini DV, afin d’aboutir à un résultat très surprenant. Il ne sera plus question de craindre la dégradation de l’image de nos vidéos ou bien d’entendre des parasites dans la sonorité, car le DVD ou bien les nouveaux supports numériques veilleront particulièrement à les sécuriser et à ne pas avoir des pertes quelconques.

Avec le DVD, il sera alors possible de garder nos vidéos sans aucune crainte, sans avoir besoin de vérifier la bande magnétique ou bien de chercher des endroits éclairés et frais pour les poser. Nous aurions aussi l’occasion de les visionner à l’aide du lecteur DVD de notre salon et aussi de les partager en famille ou bien avec les amis. Faire des copies de la vidéo numérique ne sera pas difficile et ne nécessite que quelques minutes. Nous aurions l’occasion de partager la vidéo à nos générations futures afin qu’eux aussi puissent profiter de nos souvenirs et de passer d’agréables moments de nostalgies. En tous cas, tous ces avantages sont possibles grâce au moyen de transformer nos cassettes vidéo en version numérique.

Le jury, présidé par Françoise Sagan

Ce jury récompense deux films riches, par leur budget comme par leur thème, «Apocalypse now» de Francis Ford Coppola et «Le tambour» de Volker Schlondorff. Adapté d’un roman de Gunter Grass, «Le tambour» est une fresque, violente et passionnée, sur l’histoire de l’Allemagne vue par le minuscule Oscar qui, dès son troisième anniversaire, refuse de grandir. Son édition en cassette chez Fil à Film permet de constater que le film n’a rien perdu de sa verve et de son panache. Le regard lucide que porte Schlondorff sur les événements contemporains de son pays d’origine conserve, en 1990, la même acuité. Peut-on en dire autant de «Yol», Palme d’or en 1982, écrit en prison par le réalisateur turc Yilmaz Güney et mis en scène par son ami Serif Gôren? Difficile d’en juger, mais il semble que le jury ait davantage voulu récompenser la ténacité d’un cinéaste politiquement engagé plutôt qu’une œuvre cinématographique. Cinq détenus turcs obtiennent une permission de huit jours. On suit, pas à pas, leurs pérégrinations d’hommes provisoirement libres. Ce film austère et dénonciateur des conditions pénitentiaires en Turquie est certes original dans sa conception Yiimaz Günez écrivait chaque scène en prison, définissait lui-même les lieux de tournage d’après ses souvenirs et confiait ses notes à Serif Gôren qui les réalisait à la lettre, mais méritait-il vraiment la Palme d’or? L’Histoire le dira…

FuryoLa petite histoire, quant à elle, retiendra sans doute ce gag involontaire qui clôt le Festival 1983. Un journaliste un peu sourdingue croit comprendre que c’est «Furyo» de Nagisa Oshima qui a le Grand prix. Il fonce l’annoncer aux producteurs japonais qui, pour l’occasion, débouchent la saké d’honneur. Malheureusement pour eux, si la palme est bien nippone, ce n’est pas «Furyo», mais «La ballade de Narayama ». Cette fable allégorique et radicalement absconse pour qui n’est pas natif du nord de Kyoto ne fait pas l’unanimité, loin de là. Le réalisateur Shoshei Imamura choisit d’adapter deux nouvelles de l’écrivain Shichiro Fuka. C’est Bille August qui l’emporte au finish, pour réaliser «Pelle le conquérant» zawa qui racontent l’histoire d’une famille très pauvre, des montagnes du Shinshu au centre du Japon. La beauté des paysages et le soin apporté à la mise en scène n’empêchent pas l’ennui mortel que ressentent les festivaliers au bout d’un quart d’heure de projection. Là encore, on s’interroge sur un tel choix du jury…

Francis Ford CoppolaNettement moins controversée, la récompense suprême est attribuée, en 1984, au beau, film de Wim Wenders, « Paris, Texas». Rarement une œuvre a autant fait Vunanimité auprès du jury, de la critique et du Sagan, récompense deux films riches, par leur budget comme par leur thème, «Apocalypse now» de Francis Ford Coppola et «Le tambour» de Volker Schlondorff. Adapté d’un roman de Gunter Grass, «Le tambour» est une fresque, violente et passionnée, sur l’histoire de l’Allemagne vue par le minuscule Oscar qui, dès son troisième anniversaire, refuse de grandir. Son édition en cassette chez Fil à Film permet de constater que le film n’a rien perdu de sa verve et de son panache. Le regard lucide que porte Schlondorff sur les événements contemporains de son pays d’origine conserve, en 1990, la même acuité. Peut-on en dire autant de «Yol», Palme d’or en 1982, écrit en prison par le réalisateur turc Yilmaz Güney et mis en scène par son ami Serif Gôren? Difficile d’en juger, mais il semble que le jury ait davantage voulu récompenser la ténacité d’un cinéaste politiquement engagé plutôt qu’une œuvre cinématographique. Cinq détenus turcs obtiennent une permission de huit jours. On suit, pas à pas, leurs pérégrinations d’hommes provisoirement libres. Ce film austère et dénonciateur des conditions pénitentiaires en Turquie est certes original dans sa conception Yiimaz Günez écrivait chaque scène en prison, définissait lui-même les lieux de tournage d’après ses souvenirs et confiait ses notes à Serif Gôren qui les réalisait à la lettre, mais méritait-il vraiment la Palme d’or? L’Histoire le dira… La petite histoire, quant à elle, retiendra sans doute ce gag involontaire qui clôt le Festival 1983. Un journaliste un peu sourdingue croit comprendre que c’est «Furyo» de Nagisa Oshima qui a le Grand prix. Il fonce l’annoncer aux producteurs japonais qui, pour l’occasion, débouchent la saké d’honneur. Malheureusement pour eux, si la palme est bien nippone, ce n’est pas «Furyo», mais «La ballade de Narayama ». Cette fable allégorique et radicalement absconse pour qui n’est pas natif du nord de Kyoto ne fait pas l’unanimité, loin de là. Le réalisateur Shoshei Imamura choisit d’adapter deux nouvelles de l’écrivain Shichiro Fuka c’est Bille August qui l’emporte au finish, pour réaliser «Pelle le conquérant». zawa qui racontent l’histoire d’une famille très pauvre, des montagnes du Shinshu au centre du Japon. La beauté des paysages et le soin apporté à la mise en scène n’empêchent pas l’ennui mortel que ressentent les festivaliers au bout d’un quart d’heure de projection.
Wim WendersLà encore, on s’interroge sur un tel choix du jury… Nettement moins controversée, la récompense suprême est attribuée, en 1984, au beau, film de Wim Wenders, « Paris, Texas». Rarement une œuvre a autant fait l’unanimité auprès du jury, de la critique et du public. Le réalisateur s’explique : «Ce film est né de rêves, dont l’un d’entre eux était de pouvoir travailler avec Sam Shepard, avec qui je souhaitais collaborer depuis longtemps…» Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’errance héritée des «road-movies» des années 70, Wenders traque ses personnages symboliques au plus profond de leur âme. Nasstassja Kinski, en employée de peep-show, est formidable de vérité et de tendresse.

Ce joyau va honorer votre vidéothèque. On se souvient du poing levé de Maurice Pialat quand la foule du Palais le huait lors de la remise des prix en 1987. «Vous ne m’aimez pas, mais je ne vous aime pas non plus»! On est, en revanche, en droit de ne pas aimer son film, hiératique, boursouflé et passablement prétentieux. « Sous le soleil de Satan», une adaptation du premier roman de Georges Bernanos, mérite peut-être une révision, mais même les amateurs d’intellectualisme de tous crins n’ont pas vraiment apprécié. Alors… La dernière Palme d’or proposée en ce moment par Fil à Film est tirée d’un classique de la littérature danoise, et Cari Dreyer, Roman Polanski et Bo Widerberg avaient déjà songé à l’adapter pour l’écran. C’est le réalisateur Bille August qui l’emporte au finish, et «Pelle le conquérant», qui mobilise pendant trois ans de tournage plus de mille personnes, voit le jour sous les meilleurs auspices. A la fin du 19e siècle, Lasse Karlsson, un paysan suédois veuf depuis trois ans, débarque au Danemark avec son jeune fils, Pelle. Il croit trouver facilement du travail, mais là non plus, rien n’est simple. Cette histoire forte, qui emprunte à la fresque ses méandres sinueux, s’avère une totale réussite, et procure un bonheur jubilatoire et sain. Le jury ne s’y trompe pas en lui attribuant, en 1988, la plus haute distinction. Mais un jury du plus grand festival de cinéma du monde a-t-il droit à l’erreur? Sans doute, puisque carrare humanum est». Convenons qu’elles sont rares, et remontons directement aux sources. En 1973, la sélection française fait scandale à Cannes. Le tout premier Festival de Cannes a lieu en 1946, à l’instigation de Philippe Erlanger.

Jusqu’à la fin des années 50, tourisme et mondanités l’emportent sur l’art et la cinéphilie. Les derniers nababs de l’après-guerre paradaient à bord de leur yacht ou au balcon de leur somptueuse villa. On comptait nettement moins de monde aux conférences de presse que sur la plage du Carlton, et les starlettes l’emportaient haut la main sur les colloques. C’est en 1959, sous l’impulsion’ de la Nouvelle Vague, que l’existence d’un cinéma d’auteur est officiellement reconnue.

Le guépard

Luchino ViscontiLe «Guépard» de Luchino Visconti. Ce chef-d’œuvre absolu, adapté du roman homonyme de Giuseppe Tomasi de Lampedusa, nous conte, à travers l’histoire du prince Salins et de sa famille en 1860, l’inéluctable déclin de l’aristocratie italienne face à l’émergence du régime libéral. Tout le monde se souvient de la fameuse séquence du bal, le morceau de bravoure du film. Mais elle ne doit pas occulter le reste, car tous les plans, toutes les scènes sont autant de coups de poing assénés à la face glauque des pseudo-cinéastes. Si la reconstitution historique est particulièrement soignée (le film a coûté près de 3 milliards de lires), Visconti, en artiste universel, peaufine la psychologie de ses personnages et fait de son récit une méditation sur «le sens de l’Histoire», tout en respectant à la lettre ses origines. Nul ne doute qu’il s’identifie au prince Salins (un rôle en or pour Burt Lancaster), car il est lui-même descendant d’une famille noble, mais jamais il ne s’agit de complaisance, simplement une certaine reconnaissance des vertus de l’ancien régime. Alain Delon, qui interprète Tancrède, le neveu estimé de Salina, a rarement été aussi inspiré et jamais aussi bien dirigé. Quel film! Jacques Demy innove. Dans un domaine où les Américains sont rois, c’est-à-dire la comédie musicale, il décide d’apporter la «french touch». Il donne à Michel Legrand, courant 1963, un script intitulé «L’infidélité ou les para pluies de Cherbourg». Ce dernier pense que le lyrisme de l’histoire s’accorde parfaitement avec un film musical. Ensuite, les deux créateurs ont l’idée de faire chanter tout le dialogue quotidien, écrit sans vers ni rimes. Pour la petite histoire, sachez que la première partition qu’écrit Michel Legrand est jugée trop complexe par Jacques Demy qui voulait une musique lisible dès sa première audition. En 1964, Fritz Lang, président du jury au Festival de Cannes, n’hésite qu’un seul instant et, avec l’accord de la plupart des autres membres, décerne la Palme d’or aux «Parapluies de Cher–bourg». Cette œuvre unique fait valeur d’expérience, puisque jamais renouvelée avec une telle perfection. En 1971, «Le messager», de Joseph Losey, remporte le Grand prix, ex aequo avec le film de Visconti, «Mort à Venise». Le dramaturge anglais Harold Pinter adapte un obscur roman de L. P. Hartley. Un tout jeune garçon pauvre est invité chez un ami dans le magnifique château familial. Il va servir, pour les autres, à réaliser des amours impossibles. Magistralement interprété par Alan Bates et Julie Christie, ce film de ‘Losey n’est pas à proprement parler un chef-d’œuvre. Académique et puritain, sans âme ni lyrisme, «Le messager» ne véhicule que les idées larvaires de son metteur en scène, jamais jusqu’au-boutistes. Mais ce jugement définitif mérite, pourquoi pas, d’être corrigé maintenant par la sortie du film en vidéo, chez qui vous savez! « La méprise», suprêmement récompensé à Cannes, en 1973, aux côtés du. sublime «Epouvantail» de Jerry Schatzberg, semble être celle du festival. En effet, ce «petit» film réalisé par Alan Bridges, s’il est correctement filmé, n’est qu’une resucée frigide de «L’amant de Lady Chatterley».

 

L'amant de Lady ChatterleyCette étude de mœurs, qui se déroule en 1920, narre avec emphase les relations d’une jeune femme de la bonne société anglaise et de son chauffeur. Ici, la pruderie est de mise, et on peut s’étonner de cette palme de complaisance par trop visible. Difficile d’en dire autant de «Taxi driver», une ode à la folie urbaine, mis en fantasme par Martin Scorsese. Ce cauchemar malaisé et prenant obtient tous les suffrages lors de sa présentation à Cannes, et Tennessee Williams, autre chantre infernal du mal de vivre qui finit mal et en l’occurrence président du jury, se fait une joie de propulser l’œuvre au pinacle des heureux promus. Justice est faite, car cette folle aventure d’un nocturne chauffeur de taxi, qui veut purifier New York de sa fange et de sa sanie, attaque de plein fouet le corps et l’âme. A propos de «Taxi driver», son scénariste, Paul Schrader, dit ceci : «Ce film pose le problème de la solitude propre à la condition humaine, incarné par un être marchant à travers la foule grouillante, ballotté ou abusé, bousculé ou flatté, qui ne se sent jamais concerné parce que enfermé dans- son univers secret et fantasque. Il est incapable de communiquer avec les autres». De Niro se fond dans le rôle avec une facilité stupéfiante, après cependant un entraînement de six mois sur le terrain. Ne ratez pas l’occasion de revoir «Taxi driver», il n’a pas pris une ride. En 1979, on assiste à Cannes au triomphe des grosses machineries! «L’arbre aux sabots», de l’Italien Ermanno Olmi, est primé à Cannes en 1978. Tournée dans la région de Bergame, ville natale du réalisateur, cette chronique paysanne, qui se déroule à la fin du siècle dernier, s’appuie sur les propres expériences et les souvenirs familiaux d’Olmi. Avec ce genre de cinéma intimiste, évocateur et lent, nous sommes bien évidemment loin des grosses productions souvent séduisantes, mais aussi tape-à-l’œil. « L’arbre aux sabots» n’est certes pas une œuvre facile, mais pour les curieux de l’Histoire, elle mérite le détour. A Cannes comme ailleurs, les années se suivent sans se ressembler. En 1979, vive les imposantes machineries!

Le réalisateur Clouzot

Henri-Georges ClouzotCinéaste maudit par excellence, il n’est jamais parvenu depuis à s’imposer complètement, sinon aux yeux de quelques cinéphiles inconditionnels. Gloire lui soit ici rendue, car pour les amoureux de cinéma vrai, grandiose et beau, «Othello» reste encore aujourd’hui un film de référence dans la houleuse carrière du Maître. «Henri-Georges Clouzot est un monstre»! Ce cri articulé circule aussi bien dans le milieu du cinéma qu’au sein des rédactions des journaux spécialisés. Il a coutume d’insulter acteurs et techniciens, sans réel discernement et au gré de ses humeurs. Cet ultra-perfectionniste ne souffre pas la moindre critique lorsqu’il est en tournage, et même son premier assistant, Serge Vallin, pourtant réputé pas tendre, le craint comme la grande peste. De « Quai des Orfèvres» aux « Diaboliques », en passant par «Le corbeau » et «L’assassin habite au 21 », Clouzot s’est taillé une infernale réputation, souvent hypertrophiée mais jamais usurpée. Quel que soit l’homme et ses failles, son immense talent n’est jamais mis en doute. Et Jean Cocteau, le président du jury à Cannes en 1953, ne s’y trompe pas et accorde la distinction suprême au «Salaire de la peur». Le pays imaginaire d’Amérique centrale où se déroule l’action est entièrement reconstitué en Provence, mais l’art de la mise en scène, la sûreté du montage et l’interprétation du duo Montand-Vanel, calibrée au quart de plan, nous fait prendre des vessies vénitiennes pour des lanternes prostatiques. Et l’extraordinaire, c’est qu’on marche complètement encore aujourd’hui. «Le salaire de la peur» appartient à cette catégorie rare de films que le temps patine, polit et rend meilleurs. En est-il de même pour la Palme d’or 1958? Oui, sans conteste, car «Quand passent les cigognes» est la révélation du festival. Ce mélo russe, signé Mikhaïl Kalatozov, qui se situe à Moscou en 1941, enthousiasme le jury présidé par Marcel Achard. A tel point que, fait unique, il associe à l’attribution de la Palme le directeur de la photo, Serguei Ouroussevsky, avec cette mention : «Prix de la Commission supérieure technique du cinéma pour la virtuosité des mouvements de caméra ». Prix amplement mérité, car Kalatozov et son chef op’ harmonisent à merveille les techniques du cinéma muet (surimpressions, ralentis, effets de vertige) aux amples mouvements d’appareils dignes d’Orson Welles.

ClouzotLe fabuleux travelling qui suit Veronika traversant la foule à sa descente de tramway est aujourd’hui encore considéré comme un morceau d’anthologie. L’extraordinaire modernité de la mise en scène et l’universalité du thème (drame de guerre et de la fidélité) sont radicalement novateurs pour l’époque. L’on peut maintenant en toute sérénité, vu les mouvances de l’Est, apprécier ce que les critiques de l’époque qualifiaient de «dégel de la production soviétique». L’année suivante nous sommes en 1959 , le réalisateur français Marcel Camus obtient la Palme d’or pour «Orfeu negro». Ce film est la transposition moderne et exotique du mythe d’Orphée et d’Eurydice et se déroule pendant le Carnaval de Rio. «Orfeu negro» remporte, la même année, l’Oscar du meilleur film étranger aux USA.

Davantage que la réalisation, volontiers hiératique, c’est l’originalité du traitement et les couleurs brésiliennes qui séduisent, dans un même élan, public et critique. D’année en année, on peut noter que les jurés du Festival de Cannes prennent de plus en plus de risques en attribuant le Grand prix à des films différents, sinon dérangeants. Mais c’est en 1960 que le Palais cannois exhale, lors de la remise «cocotière» des récompenses qui font plaisir, un singulier parfum de soufre. «La dolce vita» fait scandale, non seulement à Cannes où le président du jury, Georges Simenon, lui accorde la grande Palme, mais aussi en Italie, en particulier dans les milieux aristocratiques et ecclésiastiques. Signalons que le metteur en scène Fedep Fellini frôle l’excommunication. Cette curieuse histoire d’un chroniqueur mondain, qui fréquente la faune romaine en quête d’échos croustillants, se singularise par la crudité de certaines scènes, qui attirent, à l’époque, un public friand de scandale, et, c’est là l’essentiel, une dénonciation des mœurs contemporaines qui ne doit rien à l’hypocrisie ou à la complaisance. Ce malentendu assure au film un succès public inattendu et fracassant, mais l’histoire du cinéma est jalonnée de malaises de ce genre (voyez, entre autres, deux autres œuvres italiennes, «La grande bouffe» et «Le dernier tango à Paris»). L’année d’après, c’est un film français qui partage le gros lot (grelot?) cannois avec «Viridiana» de Luis Bunuel. «Une aussi longue absence», réalisé par Henri Colpi, est un pur mélodrame.

Durant l’été 1960, Thérèse Langlois (Alida Valli), qui tient seule un petit café à Puteaux, croit reconnaître en un clochard amnésique (Georges Wilson) son mari, disparu pendant la guerre. Réalisme poétique, décors miséreux et direction d’acteurs sûre font de ce film aujourd’hui peu connu, un bijou précieux, à redécouvrir chez Fil à Film. Mais le grandiose, le sublime et l’inaltérable, c’est pour deux ans plus tard avec «Le Guépard». En 1963, le jury est présidé par Armand Salacrou. Parmi les jurés, on note les noms de Robert Hossein et de Rouben Mamoulian, le cinéaste américain.