Le guépard

Luchino ViscontiLe «Guépard» de Luchino Visconti. Ce chef-d’œuvre absolu, adapté du roman homonyme de Giuseppe Tomasi de Lampedusa, nous conte, à travers l’histoire du prince Salins et de sa famille en 1860, l’inéluctable déclin de l’aristocratie italienne face à l’émergence du régime libéral. Tout le monde se souvient de la fameuse séquence du bal, le morceau de bravoure du film. Mais elle ne doit pas occulter le reste, car tous les plans, toutes les scènes sont autant de coups de poing assénés à la face glauque des pseudo-cinéastes. Si la reconstitution historique est particulièrement soignée (le film a coûté près de 3 milliards de lires), Visconti, en artiste universel, peaufine la psychologie de ses personnages et fait de son récit une méditation sur «le sens de l’Histoire», tout en respectant à la lettre ses origines. Nul ne doute qu’il s’identifie au prince Salins (un rôle en or pour Burt Lancaster), car il est lui-même descendant d’une famille noble, mais jamais il ne s’agit de complaisance, simplement une certaine reconnaissance des vertus de l’ancien régime. Alain Delon, qui interprète Tancrède, le neveu estimé de Salina, a rarement été aussi inspiré et jamais aussi bien dirigé. Quel film! Jacques Demy innove. Dans un domaine où les Américains sont rois, c’est-à-dire la comédie musicale, il décide d’apporter la «french touch». Il donne à Michel Legrand, courant 1963, un script intitulé «L’infidélité ou les para pluies de Cherbourg». Ce dernier pense que le lyrisme de l’histoire s’accorde parfaitement avec un film musical. Ensuite, les deux créateurs ont l’idée de faire chanter tout le dialogue quotidien, écrit sans vers ni rimes. Pour la petite histoire, sachez que la première partition qu’écrit Michel Legrand est jugée trop complexe par Jacques Demy qui voulait une musique lisible dès sa première audition. En 1964, Fritz Lang, président du jury au Festival de Cannes, n’hésite qu’un seul instant et, avec l’accord de la plupart des autres membres, décerne la Palme d’or aux «Parapluies de Cher–bourg». Cette œuvre unique fait valeur d’expérience, puisque jamais renouvelée avec une telle perfection. En 1971, «Le messager», de Joseph Losey, remporte le Grand prix, ex aequo avec le film de Visconti, «Mort à Venise». Le dramaturge anglais Harold Pinter adapte un obscur roman de L. P. Hartley. Un tout jeune garçon pauvre est invité chez un ami dans le magnifique château familial. Il va servir, pour les autres, à réaliser des amours impossibles. Magistralement interprété par Alan Bates et Julie Christie, ce film de ‘Losey n’est pas à proprement parler un chef-d’œuvre. Académique et puritain, sans âme ni lyrisme, «Le messager» ne véhicule que les idées larvaires de son metteur en scène, jamais jusqu’au-boutistes. Mais ce jugement définitif mérite, pourquoi pas, d’être corrigé maintenant par la sortie du film en vidéo, chez qui vous savez! « La méprise», suprêmement récompensé à Cannes, en 1973, aux côtés du. sublime «Epouvantail» de Jerry Schatzberg, semble être celle du festival. En effet, ce «petit» film réalisé par Alan Bridges, s’il est correctement filmé, n’est qu’une resucée frigide de «L’amant de Lady Chatterley».

 

L'amant de Lady ChatterleyCette étude de mœurs, qui se déroule en 1920, narre avec emphase les relations d’une jeune femme de la bonne société anglaise et de son chauffeur. Ici, la pruderie est de mise, et on peut s’étonner de cette palme de complaisance par trop visible. Difficile d’en dire autant de «Taxi driver», une ode à la folie urbaine, mis en fantasme par Martin Scorsese. Ce cauchemar malaisé et prenant obtient tous les suffrages lors de sa présentation à Cannes, et Tennessee Williams, autre chantre infernal du mal de vivre qui finit mal et en l’occurrence président du jury, se fait une joie de propulser l’œuvre au pinacle des heureux promus. Justice est faite, car cette folle aventure d’un nocturne chauffeur de taxi, qui veut purifier New York de sa fange et de sa sanie, attaque de plein fouet le corps et l’âme. A propos de «Taxi driver», son scénariste, Paul Schrader, dit ceci : «Ce film pose le problème de la solitude propre à la condition humaine, incarné par un être marchant à travers la foule grouillante, ballotté ou abusé, bousculé ou flatté, qui ne se sent jamais concerné parce que enfermé dans- son univers secret et fantasque. Il est incapable de communiquer avec les autres». De Niro se fond dans le rôle avec une facilité stupéfiante, après cependant un entraînement de six mois sur le terrain. Ne ratez pas l’occasion de revoir «Taxi driver», il n’a pas pris une ride. En 1979, on assiste à Cannes au triomphe des grosses machineries! «L’arbre aux sabots», de l’Italien Ermanno Olmi, est primé à Cannes en 1978. Tournée dans la région de Bergame, ville natale du réalisateur, cette chronique paysanne, qui se déroule à la fin du siècle dernier, s’appuie sur les propres expériences et les souvenirs familiaux d’Olmi. Avec ce genre de cinéma intimiste, évocateur et lent, nous sommes bien évidemment loin des grosses productions souvent séduisantes, mais aussi tape-à-l’œil. « L’arbre aux sabots» n’est certes pas une œuvre facile, mais pour les curieux de l’Histoire, elle mérite le détour. A Cannes comme ailleurs, les années se suivent sans se ressembler. En 1979, vive les imposantes machineries!

Le réalisateur Clouzot

Henri-Georges ClouzotCinéaste maudit par excellence, il n’est jamais parvenu depuis à s’imposer complètement, sinon aux yeux de quelques cinéphiles inconditionnels. Gloire lui soit ici rendue, car pour les amoureux de cinéma vrai, grandiose et beau, «Othello» reste encore aujourd’hui un film de référence dans la houleuse carrière du Maître. «Henri-Georges Clouzot est un monstre»! Ce cri articulé circule aussi bien dans le milieu du cinéma qu’au sein des rédactions des journaux spécialisés. Il a coutume d’insulter acteurs et techniciens, sans réel discernement et au gré de ses humeurs. Cet ultra-perfectionniste ne souffre pas la moindre critique lorsqu’il est en tournage, et même son premier assistant, Serge Vallin, pourtant réputé pas tendre, le craint comme la grande peste. De « Quai des Orfèvres» aux « Diaboliques », en passant par «Le corbeau » et «L’assassin habite au 21 », Clouzot s’est taillé une infernale réputation, souvent hypertrophiée mais jamais usurpée. Quel que soit l’homme et ses failles, son immense talent n’est jamais mis en doute. Et Jean Cocteau, le président du jury à Cannes en 1953, ne s’y trompe pas et accorde la distinction suprême au «Salaire de la peur». Le pays imaginaire d’Amérique centrale où se déroule l’action est entièrement reconstitué en Provence, mais l’art de la mise en scène, la sûreté du montage et l’interprétation du duo Montand-Vanel, calibrée au quart de plan, nous fait prendre des vessies vénitiennes pour des lanternes prostatiques. Et l’extraordinaire, c’est qu’on marche complètement encore aujourd’hui. «Le salaire de la peur» appartient à cette catégorie rare de films que le temps patine, polit et rend meilleurs. En est-il de même pour la Palme d’or 1958? Oui, sans conteste, car «Quand passent les cigognes» est la révélation du festival. Ce mélo russe, signé Mikhaïl Kalatozov, qui se situe à Moscou en 1941, enthousiasme le jury présidé par Marcel Achard. A tel point que, fait unique, il associe à l’attribution de la Palme le directeur de la photo, Serguei Ouroussevsky, avec cette mention : «Prix de la Commission supérieure technique du cinéma pour la virtuosité des mouvements de caméra ». Prix amplement mérité, car Kalatozov et son chef op’ harmonisent à merveille les techniques du cinéma muet (surimpressions, ralentis, effets de vertige) aux amples mouvements d’appareils dignes d’Orson Welles.

ClouzotLe fabuleux travelling qui suit Veronika traversant la foule à sa descente de tramway est aujourd’hui encore considéré comme un morceau d’anthologie. L’extraordinaire modernité de la mise en scène et l’universalité du thème (drame de guerre et de la fidélité) sont radicalement novateurs pour l’époque. L’on peut maintenant en toute sérénité, vu les mouvances de l’Est, apprécier ce que les critiques de l’époque qualifiaient de «dégel de la production soviétique». L’année suivante nous sommes en 1959 , le réalisateur français Marcel Camus obtient la Palme d’or pour «Orfeu negro». Ce film est la transposition moderne et exotique du mythe d’Orphée et d’Eurydice et se déroule pendant le Carnaval de Rio. «Orfeu negro» remporte, la même année, l’Oscar du meilleur film étranger aux USA.

Davantage que la réalisation, volontiers hiératique, c’est l’originalité du traitement et les couleurs brésiliennes qui séduisent, dans un même élan, public et critique. D’année en année, on peut noter que les jurés du Festival de Cannes prennent de plus en plus de risques en attribuant le Grand prix à des films différents, sinon dérangeants. Mais c’est en 1960 que le Palais cannois exhale, lors de la remise «cocotière» des récompenses qui font plaisir, un singulier parfum de soufre. «La dolce vita» fait scandale, non seulement à Cannes où le président du jury, Georges Simenon, lui accorde la grande Palme, mais aussi en Italie, en particulier dans les milieux aristocratiques et ecclésiastiques. Signalons que le metteur en scène Fedep Fellini frôle l’excommunication. Cette curieuse histoire d’un chroniqueur mondain, qui fréquente la faune romaine en quête d’échos croustillants, se singularise par la crudité de certaines scènes, qui attirent, à l’époque, un public friand de scandale, et, c’est là l’essentiel, une dénonciation des mœurs contemporaines qui ne doit rien à l’hypocrisie ou à la complaisance. Ce malentendu assure au film un succès public inattendu et fracassant, mais l’histoire du cinéma est jalonnée de malaises de ce genre (voyez, entre autres, deux autres œuvres italiennes, «La grande bouffe» et «Le dernier tango à Paris»). L’année d’après, c’est un film français qui partage le gros lot (grelot?) cannois avec «Viridiana» de Luis Bunuel. «Une aussi longue absence», réalisé par Henri Colpi, est un pur mélodrame.

Durant l’été 1960, Thérèse Langlois (Alida Valli), qui tient seule un petit café à Puteaux, croit reconnaître en un clochard amnésique (Georges Wilson) son mari, disparu pendant la guerre. Réalisme poétique, décors miséreux et direction d’acteurs sûre font de ce film aujourd’hui peu connu, un bijou précieux, à redécouvrir chez Fil à Film. Mais le grandiose, le sublime et l’inaltérable, c’est pour deux ans plus tard avec «Le Guépard». En 1963, le jury est présidé par Armand Salacrou. Parmi les jurés, on note les noms de Robert Hossein et de Rouben Mamoulian, le cinéaste américain.

Retour sur le festival de Cannes

Treize jours par an, Cannes, d’ordinaire si tranquille, s’ébroue et s’émeut! Journalistes pressés, vedettes stressées, parasites désargentés, voilà pour le folklore d’un festival unique au monde. Mais au-delà de la manif affairiste, il y a le cinéma, sa magie, ses œuvres. Vingt Palmes d’or, parmi les plus prestigieuses, sortent aujourd’hui en vidéo grâce à l’éditeur Fil à Film qui, une nouvelle fois, crée l’événement. Revivre ces Palmes d’or, en cassette, c’est refaire un superbe voyage dans l’histoire du cinéma. Jean-Philippe Mochon sera votre guide…

Cannes
Cannes. Un chatoyant lieu de villégiature pour nantis décontractés en mal de bronzage méditerranéen. Tout ici respire le bien-être, le farniente et l’insouciance. La vie « plaisancière» y ressemble à un beau matin calme, baigné doucettement des halos caressants d’un soleil bien coquin. Mais tout soudain, voilà que ça bouge! Pendant quinze jours du joli mois de mai, la quiétude envapante fait place sans transition à la folie furieuse d’une foule disparate et bariolée qui n’est pas sans rappeler la gare Saint-Lazare à 17 heures un jour de grève. Les festivaliers côtoient, dans le même élan, les «festivalables», les stars se cachent et les parasites s’affichent, les marchands de soupe déjeunent avec les producteurs sérieux et les starlettes bombent des nibards sur le ponton du Majestic. Cette quinzaine, placée sous le signe de la démence, s’appelle le Festival de Cannes. Cette foire d’empoigne réunit la quasi-totalité de ceux qui font du cinéma, partout dans le monde, à la fois un art et une industrie. Après un tel marathon (les journalistes ne sont pas épargnés, loin de là), la délivrance, c’est le palmarès. «And the winner is…» constitue la phrase bateau, mais rituelle, de la remise des prix. Fil à Film, cet éditeur dont nous vous entretenons régulièrement souvenez-vous des collections Truffaut et Malle s’est engagé à corps perdu dans un défi insensé : à long terme, éditer en cassettes vidéo l’intégralité des Palmes d’or remises lors du Festival de Cannes. Jean-François Davy, Pdg de Fil à Film, négocie âprement la cession des droits, car bon nombre de titres existent déjà en location ou à la vente chez d’autres éditeurs. De « La bataille du rail» à «Sexe, mensonges et vidéo», Palme d’or 1989, 51 récompenses suprêmes ont été décernées.

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Dès ce mois-ci, et la série compte s’enrichir tous les mois, pas moins de vingt titres sont disponibles, dans les grandes surfaces et les vidéoclubs, au prix public conseillé de 179 francs. Il convient d’attentivement se pencher sur chacun de ces films, dont quelques-uns ont marqué de façon indélébile l’histoire du cinéma mondial. En 1944, c’est-à-dire en pleine occupation allemande, René Clément réalise, dans des conditions invraisemblables, «La bataille du rail». Ce film, qui traite de la lutte des cheminots contre l’occupant, se divise en trois parties : un documentaire sur la Résistance qui va jusqu’à l’exécution des otages, la folle aventure du train blindé «Apfel Kern», enfin les derniers combats et la victoire, symbolisée par le passage du 122, le premier train libre. Ce qui ne devait être, au départ, qu’un court métrage devient rapidement un film mythique, grâce en particulier à l’habileté du montage qui alterne magistralement séquences vécues et scènes de fiction.

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Deux ans plus tard, en 1946, le premier Festival de Cannes, balbutiant et sans moyens pour cause d’après-guerre, récompense «La bataille du rail» et lui attribue le Prix spécial du jury et le Grand prix international de la mise en scène, l’équivalent des futures Palmes d’or puisqu’il faudra attendre 1949 pour qu’elles soient effectivement décernées. L’année suivante, en 1947, c’est au tour d’un autre cinéaste français d’être à l’honneur. Jacques Becker décroche le prix des «films psychologiques et d’amour» avec «Antoine et Antoinette», un petit bijou de fraîcheur et de poésie. Cette histoire d’un couple charmant qui voit sa vie transformée par un billet de loterie est empruntée à la romancière Louise de Vilmorin, mais Françoise Giroud, coscénariste avec Becker, transforme sensiblement l’histoire originale. La vidéo va permettre de redécouvrir ce film oublié, havre de paix dans la filme souvent dure («Touchez pas au grisbi», « Rendez-vous de juillet») de Jacques Becker. En 1952, Cannes rend hommage, enfin, à l’un des plus grands metteurs en scène du monde, Orson Welles. Palme d’or ex aequo avec «Deux sous d’espoir», de l’Italien Castellani, «Othello» nous conte avec une maestria jamais égalée l’incroyable destinée du « Maure de Venise», un nègre mercenaire qui devient général de la flotte de Venise. On connaît l’attachement presque utérin qui lie Shakespeare et Welles. Tous deux ont en commun cette même vision de l’homme, toujours trahi par ses passions, ses faiblesses et sa vampirisante soif de pouvoir. « Big Orson» transpose la grandiloquence littéraire en emphase filmique, et réussit avec peu de moyens une œuvre authentiquement personnelle. Il finance lui-même «Othello» avec ses cachets d’acteur. Le tournage homérique s’échelonne sur trois ans (de 1949 à 1952). Commencé dans les studios Scalera de Rome, il se poursuit à Safi, Mazagran et Mogador au Maroc, et va s’achever à Tuscania, Viterbo et Venise en Italie. Le difficile rôle de Desdémone est d’abord interprété par Léa Padovani, Cécile Aubry, Betsy Blair et enfin Suzanne Cloutier. Dans la version définitive, subsistent d’ailleurs de nombreux plans des précédentes interprètes. Welles est consacré et par le public du festival et par la critique. Cet événement historique ne devait malheureusement plus jamais lui arriver…

Festival de Cognac, le retour des femmes fatales

Jon VoightDeux longues jambes s’étirent magistralement devant un auditoire médusé qui a encore en mémoire les images de «Chantons sous la pluie» ou de «Tous en scène». Cyd Charisse n’a pas grand chose à voir avec le film policier et cette 9e édition du Festival de Cognac dédié au genre (29 mars au 1er avril dernier), mais elle illumine de sa classe les moments de répit entre deux séances de tuerie en 35 mm. Elle reçoit un hommage plein de tendresse d’un autre grand du cinéma américain, Jon Voight. De passage en France pour la promotion de son dernier film, cet acteur trop rare sur nos écrans fait preuve d’une gentillesse et d’une disponibilité qui devraient faire méditer un certain nombre de comédiens français qui n’ont même pas encore à leur palmarès des films aussi forts que «Macadam cow-boy», « Délivrance», «Retour», «Le champion» ou «Runaway train». Passons. La force de frappe de la manifestation reste la femme fatale, dans tous les sens du terme. Il y a d’abord la craquante Jamie Lee Curtis: jeune femme-flic fraîchement nommée qui a maille à partir avec un redoutable psycho-killer dans le «Blue steel» de Kathryn Bigelow.

L’absence de cette dernière et de son actrice principale a peut-être influencé le jury qui n’a donné qu’une mention spéciale (?) à Jamie Lee Curtis pour sa superbe prestation dans ce film fort bien réalisé, mais «un peu longuet» sur la fin. La dernière grande « bonne femme» de la sélection est une inconnue : Joanne Whalley-Kilmer. Essayez de retenir ce nom qui risque de devenir grand, très grand. C’est celui de l’actrice principale de «Kill me again», Grand prix du Festival (sortie en juin prochain), un petit bijou de film réalisé par John Dahl.

Kill me againDans une histoire qui n’est pas sans rappeler les bons vieux polars ricains des années 50, Joanne est une femme fatale doublée d’une garce comme on aimerait en voir plus souvent… au cinéma. Elle aurait pu en faire voir aux dizaines de flics qui sévissent dans le reste d’une sélection plutôt moyenne. «Gunmen», l’habituel polar made in Hong-Kong fait mouche (si la Cinémathèque et Canal + rendent hommage à ce cinéma du bout- du monde, a-t-on vraiment le droit d’en dire du mal?) ; «Les quatre criminels», le film soviétique, embrouille et ennuie (Prix du public, plus qu’étrange); «L’homme qui racontait des histoires», le film allemand, n’intéresse pas grand monde; «Gare centrale», le film espagnol, suscite à peine quelques commentaires d’envie des mâles en furie à la vue du corps d’une charmante jeune Polonaise, Katarzyna Figura, présente à Cognac; «Affaires privées», solide production ricaine de Mike Figgis («Stormy morlday»),fait cette fois se pâmer les femelles devant le sourire carnassier de Richard Gere et le charme latin d’Andy Garcia. Restent le film le plus mauvais, tous festivals confondus, de ces cinq dernières années, «Hitcher in the dark», d’un mystérieux Humphrey Humbert (en l’occurrence le nullissime Umberto Lenzi), et la bonne surprise (il se doit toujours d’y en avoir une), l’envoûtant «Appartement zéro». Récompensé par le Prix spécial du jury et le Prix de la critique, ce film anglais de Martin Donovan qui se passe à Buenos Aires a de forts accents de Pedro Almodovar, ce qui est un beau compliment. Un jeune célibataire, introverti et seul depuis que sa mère s’est fait interner dans un hôpital psychiatrique, loue une de ses chambres à un Américain discret et charmant qui s’avère être… un mercenaire au service des tortionnaires argentins. Si le sang coule à flots dans ces différentes productions (le dernier film de Peter Yates, «Délit d’innocence» avec Tom Selleck, présenté hors compétition, est d’une très grande efficacité), c’est à la hauteur des litres de cognac que dégustent les 200 invités accueillis comme des rois par une population des plus chaleureuses, que l’on retrouvera avec grand plaisir l’année prochaine. Pour quelques polars de plus… et avec la présence de nouvelles grandes vedettes dont Jean-François Meyer, programmateur et attaché de presse, d’un très grand professionnalisme, absent cette année.

Proserpine, vous n’y échapperez pas !

Aventures d'Oliver TwistLa dynamique société d’édition Proserpine décide de frapper tous azimuts dans les domaines les plus divers de la communication vidéo. Tout d’abord, sachez qu’elle a choisi le «sacré» Foucault, Jean-Pierre de son prénom, pour faire la voix off du spot r./ consacré à «La petite voleuse», diffusé en ce moment même sur les six chaînes. Vous avez donc tout loisir de voir votre animateur préféré vanter à l’encan les talents d’actrice de Charlotte Gainsbourg, dans ce merveilleux film de Claude Miller disponible au prix indicatif de 199 francs. Dans un autre domaine, après le succès des «Aventures d’Oliver Twist», Proserpine annonce ces jours-ci la sortie de quatre nouveaux dessins animés, «Nicholas Nickleby», «Les contes des deux cités», «Le magasin d’antiquités» Les aventures de M. Pickwicket «Les aventures de M. Pickwick» (149 francs). La collection Les p’tits loups n’est pas en reste, puisque deux autres cassettes sont d’ores et déjà en vente au prix de 99 francs. Ne quittez pas, ce n’est pas fini! Pour la même somme, l’éditeur lance la collection Savoir, avec, entre autres, «Comment s’arrêter de fumer», par J.R.-Larry Hagman (ce qui pourrait convenir à Pascal Le Gleut et à Jean-Philippe Mochon!), et «Comment fumer le cigare» avec Zino Davidoff (ça pourrait convenir aux mêmes!). A noter également, comment «Faire de la magie», avec Gérard Majax, ou bien, pour les amoureux des bêtes, «Eduquer son chien», avec le docteur vétérinaire Alain Ganivet. Dans le domaine musical, Proserpine s’illus-tre en éditant quelques grands succès des sixties, comme «The house of the rising sun», «Night of white satin» ou «Hot child in the city», qui n’ont pas pris une ride. Il en va de même pour les cassettes consacrées aux stars que sont Tina Turner, Bryan Ferry, les Moody Blues, Lou Reed (prix indicatif : 90 francs). Signalons également qu’en l’absence de Johnny Hallyday, actuellement aux USA, c’est à son chef d’orchestre et ami Eric Bamy que le directeur de la communication des Editions Proserpine, Jean Veidly, a remis la vidéocassette d’or «Johnny Hallyday, Pavillon de Paris 1979» lors de l’émission «Télé-Caroline».

Pour finir en beauté, Proserpine vient de lancer la collection Les grands succès de ces dernières années. La jaquette reproduit fidèlement l’affiche du film, et se signale à notre attention par une impression or en gaufrage, tout à fait esthétique. Quelques titres au hasard : «La passante du Sans Souci», «Jean de Florette» et « Manon des sources», «Adieu, poulet», «Le fou de guerre», et l’immense «Camille Claudel» (prix public : 119 francs). Cette collection ne va cesser de s’agrandir et honorera votre vidéothèque. Pour toutes ces merveilles, un grand bravo à Proserpine!

Pentimento, no !

Contrairement à ce qui a été annoncé dans un encart publicitaire de notre dernier numéro, Fil à Film n’a pas acquis les droits du film réalisé par Tony Marshall, «Pentimento». Tout porte à croire qu’il s’agit d’une simple question de délai, et nous pouvons espérer voir prochainement„ sur nos petits écrans, ce film qui offre à Antoine de Caunes son premier rôle. Veuillez nous excuser de cette fausse nouvelle.

Scherzo-comédie

Tony MarshallLes éditions Scherzo continuent d’enrichir leur catalogue. Après la publication des collections Suspense et Aventure, il ne manquait plus que la comédie. Elle nous arrive avec deux valeurs sûres, qui ont déjà fait un tabac sur les grands écrans. « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer?», titre ébouriffant avec le pétillant Isaac de Bankolé, et «Moitié-moitié », drôle de «Guerre des Rose» à la française, avec le couple savoureux Boujenah-Zabou. Et le fin du fin est la nouvelle série Légende et vérité sur la sulfureuse Marilyn Monroe. Ce film de Gene Feldman, à la jaquette surprenante, dévoile tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Marilyn Monroe sans jamais oser le demander, avec témoignages de proches à l’appui. A ne manquer sous aucun prétexte! Prix .public, collection Aventure/action : 99 francs TTC. Collection Légende et vérité : 149 francs TTC. Scherzo : 20, avenue de Wagram, 75008 Paris. Tél. : 47.63.82.00.

MC2, ECA2

ECA2 présente chaque soir, du 1er avril au 30 septembre, le spectacle de clôture de l’Exposition florale d’Osaka. 26 millions de spectateurs assisteront à une exclusivité mondiale : Naniwa Illusion, un film 70 mm projeté sur un écran d’eau pulvérisée de 20 m de base. Des incrustations laser en 3D seront synchronisées en temps réel à ces images de 10 m de haut. Pour tous renseignements : ECA2 Productions, 17, rue de l’Hôtel-de-Ville, 92200 Neuilly-sur-Seine.

La caméra cachée

Vous êtes stressé, que faire? Réunissez-vous, en famille ou entre amis, pour rire pendant 80 minutes avec «La caméra cachée» de Jacques Rouland, éditée par Echo et Antenne 2. Pour la première fois en vidéocassette, retrouvez ou découvrez les 23 meilleurs sketches de l’été 1989, avec l’équipe du «maître» Jacques Rouland. Personne ne résiste à Pop, le petit homme au nez rouge, ou encore à Jacques Le-gras. N’oublions pas non plus Yvette Dolvia et Danielle Rocca, les deux inséparables risque-tout, déguisées en femmes sérieuses et coincées, mais qui arrêtent les passants avec un : « Dis-moi, mec»! Cette cassette, distribuée par Virgin Vidéo, est en vente depuis le mois dernier au prix de 149 francs TTC.

Télévidéoson

La Foire de Paris ouvre ses portes du 27 avril au 8 mai 1990, de 10h à 19h. Dans le domaine de l’image, l’événement, cette année, s’appelle Télévidéoson. Il se trouve au hall 8 où, sur 4 000 mètres carrés, 40 exposants offrent aux visiteurs un panorama complet de leurs nouveautés en matière de TV, hifi et vidéo. Les passionnés de nouvelle technologie vont s’extasier devant le nouveau récepteur Portex de 99 canaux, à 12 fonctions programmables, qui ne coûte que 50 000 francs. A vos bourses, donc, car, en high-tech, les prix sont chers. Les moins fortunés devront se contenter du plaisir des yeux…

Elvira, monstresse de la nuit

Antarès nous offre enfin celle que vous attendiez tous : «The mistress of the dark»! Cette bombe diabolique fait son apparition sur vidéocassette, au mois de mai, en location. 90 minutes de folie assurée dans ce film étonnant et auto-parodique où Elvire la diablotine, notoire prêtresse des nuits noires de nos voisins d’outre-Atlantique, s’en donne à cœur joie dans la dérision violente et assumée. Ne manquez pas l’événement !

Quelques nouvelles nominations

Nokia Electronics• Roger Gubanski, diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris, se voit attribuer aujourd’hui la présidence de Nokia Electronics France, qui commercialise également Océanic. Il a occupé, de 1980 à 1985, plusieurs postes de direction financière chez Thomson, puis a assuré la direction générale de la filiale française du groupe Grundig.

• Ele Juarez remplace Rafael Pastor à la présidence de CBS-Fox Vidéo International.

• Pierre Cerisier, qui a occupé divers postes dans des secteurs aussi variés que l’alimentaire, les pneumatiques et la vidéo (UGC), est aujourd’hui le directeur commercial et marketing de CIC Vidéo France.

Précisions Hi-Tech

• Une erreur de légende s’est glissée p. 47, dans le hors série Vidéo 7 Hi-Tech, concernant la chaîne hifi Mitsubishi E 808 R Prestige. Voici le texte correspondant : «Véritable merveille de la hifi, cet ensemble Mitsubishi regroupe un ampli 2 x 65 watts, un equalizer 5 bandes, un tuner à recherche automatique ultra-précise grâce à son micro-ordinateur. Le lecteur CD programmable à trois faisceaux supprime les déviations éventuelles. Du haut de gamme très au point ! 8 990 francs.»

• D’autre part, une inversion de texte s’est produite p. 48 entre l’enceinte Sur-round Thomson EA 200 S et l’enceinte Piccolo Revox. Nos lecteurs auront rétabli d’eux-mêmes.

• La mini-TV Casio 1410 possède un écran à cristaux liquides de 6,8 cm (et non 66,8 cm).

• Le prix du magnétoscope Thomson V4590 (p. 42) est de 5 490 francs, et celui de la chaîne Yamaha AST C10 (p. 46) de 7 800 francs.
Ferrari
• Les reproductions miniatures de la Ferrari F40 (en couverture) et de la Ferrari Testa Rossa sont en vente chez Virage, 171, boulevard Péreire, 75017 Paris.