Horizons lointains

Horizons lointainsL’aventure est vraie, l’histoire d’amour peut-être un peu moins mais… En 1807, l’Amérique vient de racheter la Louisiane à la France et le Président des États-Unis, Jefferson, envoie une expédition de soldats volontaires dans cette région encore inexplorée et peuplée d’Indiens amicaux ou… sauvagement agressifs. Le but est de rejoindre le Pacifique et, ainsi, de conquérir une nouvelle frontière en s’offrant une mini-reconquête de l’Ouest. De l’époque historique, il reste surtout un bon vieux western et un tout aussi bon vieux mélo sentimental. Deux hommes, deux gradés sous uniformes, sont copains comme deux frères, mais une femme les sépare. Charlton Heston (mais qui résisterait à son sourire crispé et à son haleine fraiche ?) séduit la fiancée de son ami et néanmoins chef, Fred Mac Murray. Mac Murray, en bon gentleman, s’efface devant son rival. Et tous ces petits «mâles» partent pour leur expédition.En chemin, le bel Heston (qui résisterait à son…) rencontre une jeune Indienne avec qui il joue un jeu dangereux. Il «allume» la pauvre squaw. Il la désire mais Mac Murray lui rappelle qu’il s’est engagé ailleurs. Ah la fureur du désir ! Il est amusant de voir que Charlton le magnifique accepte de délaisser ses «héros positifs et nobles» pour un personnage qui n’a pas assez de volonté pour résister à ses pulsions et aux sollicitations des autres. Rudolph Mate, cinéaste de série B qui a touché un peu à tous les genres, joue avec franchise les conventions du western et n’a pas peur des bons vieux sentiments. Il vous mijote, avec un grand savoir-faire, ses scènes d’action. Et, surtout, il n’oublie pas qu’il a été, avant de passer à la réalisation, un grand chef opérateur. Sa photo, magnifiée par le procédé de la «Vista vision», est superbe. Le spectacle des contrées sauvages et des paysages grandioses, ça compte aussi ! Et vive la nostalgie hollywoodienne !

L’homme de l’ouest

L'homme de l'ouestLe grand Gary Cooper a terminé sa carrière dans l’univers ensoleillé du vieil Ouest. Trois ans avant sa mort, il fut ce légendaire «Man of the West» sous la direction d’Anthony Mann, spécialiste d’un genre qu’il a cultivé avec ampleur et générosité, de «Winchester 73» à «L’appât», de «La charge des tuniques bleues» à «L’homme de la plaine». Il y est confronté à un acteur étonnant, qui joua très souvent les rôles secondaires avec un relief inattendu : Lee J. Cobb. Au début du film, Gary Cooper est un hors-la-loi repenti qui voyage paisiblement en Arizona, lorsque son train est attaqué par une bande de gangsters. Il est fait prisonnier avec les autres voyageurs et, pour que tout le monde ait la vie sauve, il feint de se ranger du côté des bandits dont le chef (Lee J. Coob) est précisément son oncle. Il lui suggère d’organiser le hold-up d’une banque, mais ce n’est vraiment pas facile de jouer ce double jeu… Mal accueilli à l’époque de sa sortie, «L’homme de l’Ouest» est l’exemple type du western «psychologique» qui a surpris une large partie du public habituée davantage aux joyeuses fusillades qu’aux drames de conscience et aux situations complexes. Admirablement filmé et mis en scène, il est cependant devenu un classique – et pour Gary Cooper, ce fut un de ses meilleurs rôles.

Les conquérants

Les conquérantsClassique du western dans la grande tradition des bottes à pointe et des J.B. Stetsons. Réalisé par Michael Curtiz, ce western en cinémascope fut interprété par des stars aussi grosses que celles des shérifs Errol Flynn, le jeune loup de Tasmanie et Olivia de Havilland, la guet-star d’«Autant en emporte le vent». La trame du récit tient en quelques coups de feux : c’est la lutte qui oppose .de courageux éleveurs (God. bless America) à un officiel corrompu dans une petite ville de l’Ouest, Dodge City. Le marshal (Errol Flynn) fera en sorte que la ville recouvre le calme, la sérénité et la bonne réputation chère aux bigotes de service. Que Dodge City redevienne à l’image des pionniers qui l’ont, créée et pas à celle des bandits qui l’ont pervertie. Scénario rasoir double action, mille fois rabâché sur tous les tons, mais prétexte à un bon film. Il y a des kilomètres de films du même genre que Dodge City ou «Les conquérants», mais peu importe. Dans le genre, Michael Curtiz est un précurseur, et ses films sont les plus authentiques qui soient. Les puristes du western dans les règles retrouveront le saloon, la gare, les chevaux, et les archétypes du cow-boy. C’est du cinémascope, ça court partout et ça galope et c’est rempli de cow-boys sans foi ni loi, des qui s’entretuent chaque fois qu’ils trouvent un cheveu dans le plat ! (cf. Boris Vian).

Stress

Apprêtez-vous à frissonner de peur. Vous êtes seule chez vous, il est tard, le téléphone sonne: au bout du fil, rien qu’un halètement maladif. Employons le féminin pour «seule» car n’importe quel spectateur, dans cette situation, ne peut que s’identifier à Nathalie (Carole Laure), qui vit dans un immeuble moderne avec sa petite fille, et s’aperçoit qu’elle est traquée par un inconnu qui lui veut du mal. Aux appels anonymes succèdent bientôt les messages macabres, comme ce cœur sanguinolent abandonné sur un siège de sa voiture. Un véritable cauchemar commence pour Nathalie, qui appelle au secours son ami et quasi-fiancé (André Dussolier), puis un singulier détective privé (Guy Marchand). Ce genre de suspense fonctionne toujours bien au cinéma : une femme sans défense est à la merci d’un persécuteur invisible, dont nous ignorons le visage comme les intentions. Toute la première partie de «Stress» met ainsi nos nerfs à rude épreuve. Le réalisateur, Jean-Louis Bertuccelli, a su créer l’angoisse pure, avec le concours d’une Carole Laure parfaite de vulnérabilité frémissante. Lorsque nous comprenons qui est le coupable, le film change de ton comme de respiration, et on en revient à un policier plus traditionnel, légèrement baroque. Mais on n’oublie pas de sitôt la terreur de la première partie.

Ultime violence

Ultime violenceIl était une fois un tueur fou… Et pas n’importe lequel : Nanni Vitali. Deux morts à son actif et une évasion spectaculaire d’une _prison italienne. Vitali est vraiment le dingue ! Sous prétexte de gangstérisme et de terrorisme, il continuera à frapper sauvagement un homme blessé, sans arme, à terre et presque mort. La bête enragée, quoi ! Ce film de Sergio Grieco (dont le titre italien original est «Labelva col mitra») mérite bien son titre français : «Ultime violence». Braquage, passage à tabac, coups de rasoir sur la poitrine, viol, séquestration d’otages, enterrement vivant.., on arrive presque au catalogue ! Il y a bien quelques petites notes sur le climat de violence de la fin des années 70 en Italie. On apprend que les gardiens de prison avaient des armes, mais pas de balles. Dans le rôle du dangereux meurtrier complètement paranoïaque, Helmut Berger en fait le maximum : dents serrées et regard illuminé. Marisa Mell fit aussi un joli bout de carrière (notamment dans «Danger Diabolik» de Mario Bava). Ici, elle est l’otage qui laisse des indices à la police mais qui, petit à petit, se laisse séduire par le tueur. A eux deux, ils font de «Ultime violence …» un peu plus qu’un simple film de gangsters.

Tir à vue

Les Bonnie and Clyde de la crise… C’est ainsi que l’on a envie d’appeler Marilyn et Richard, les deux «héros» de «Tir à vue».Tir à vue Elle a dix-sept ans, comme sont interprète (qui fut césarisée lors des derniers Césars pour «A nos amours» de Pialat). Elle a en elle un démon qui la pousse instinctivement vers la violence. Elle est acharnée et autodestructive. Lui est tout aussi mal dans sa peau, mais un peu plus âgé. Jusqu’à présent, il a le sentiment d’avoir raté sa vie. Sa rencontre avec Marilyn, c’est celle de l’amour fou, de la sensualité et du vertige de la mort. Dans un monde où les agressions et le terrorisme sont devenus ultra-quotidiens, on a du mal à accepter le lyrisme de Marc Angelo sur ces deux anges de la mort qui détruisent tout ce qu’ils touchent par plaisir, pour leur plaisir ! Ces rebelles sans cause, dévorés par le désespoir de leur jeunesse, dérangent sacrément parce qu’ils touchent quelque chose de trop vrai, de trop séduisant ! Côté film, Marc Angelo et son scénariste mettent dans la bouche de Marilyn quelques «énormités» de dialogue qu’ils ont consciemment voulues. Leur Marilyn vit sa vie comme une série B et parle par phrases clinquantes et toutes faites. Ça amuse parfois, ça exaspère souvent. Mais c’est tout à fait dans le style «ravageur» de Marc Angelo, qui signe là son premier film. «Tir à vue» possède, même dans ses excès de rythme, de couleurs, de scénario… une certaine force ! Mais ce sont les deux comédiens qui, en nous arrachant de force notre sympathie, finissent par emporter le morceau.

Les fauves

Les fauvesDans la nuit parisienne, derrière son uniforme de vigile et son regard taciturne chargé d’un lourd secret, un homme subit sa vie comme un automate. Il s’appelle Berg. Ancien cascadeur, il aimait Bella, sa partenaire dans la vie comme dans le rodéo-automobile dont ils étaient les vedettes. Mais un soir, juste avant le spectacle, Bella a reçu une étrange visite et lui a annoncé qu’elle partait. Et, ce même soir, Bella est morte dans les flammes, pendant le show… à cause de Berg. Accident ou préméditation ? Berg le sait-il lui même ? Depuis, il erre dans sa vie, portant – comme tout héros romantique qui se respecte – un lourd fardeau sur l’âme et le cœur. Mais, en 1984, les romantiques ne sont plus ce qu’ils étaient. Le monde qui les entoure ne les laisse plus s’adonner tranquilles à leurs mélancolies. Au cœur de la nuit, lorsque les braves gens dorment, soigneusement enfermés chez eux, une faune s’empare des rues. La violence s’installe, la pénombre et l’insomnie réveillent de vieilles intolérances. Dans cet univers de bêtise et de haine latente, il suffit d’une étincelle (d’un viol puis d’un Meurtre…) pour mettre le feu aux poudres, pour donner des envies de lynchage et de chasse à l’homme. «Les fauves», par son sujet et la manière «très mode» dont il est traité, rappelle «Rue barbare». Mais sans le style très particulier de David Goodis et sans le parti-pris de baroque et d’irréalité. «Les fauves» joue la carte du western urbain (la course-poursuite dans le palais omnisport de Bercy encore en construction). Jean-Louis Daniel, le réalisateur, donne à son film la couleur et le rythme vidéoclip (le spectacle de cascades sur les quais de la Seine ou le show-présentation lingeries). Et les acteurs (surtout le trio Lazure-Léotard-Auteuil) s’en donnent a cœur joie dans la sur dramatisation du jeu. «Tout cela imprime au film un côté excessif qui séduit, malgré (ou à cause de) ses naïvetés».

Un flic aux trousses

Un flic aux troussesQuand on est petit, on joue au gendarme et au voleur. Après on regarde les autres y jouer, par exemple dans «Un flic aux trousses». Sauf que le gendarme c’est Kirk Douglas, un très grand acteur, même dans le pire des navets, et le voleur c’est John ‘Schneider, un jeune acteur qui promet s’il s’arrête un peu de courir. Bien évidemment, le voleur est en fait un criminel victime d’une erreur judiciaire et, dans le fond, tous les protagonistes sont des gens très bien, avec du sens moral et des valeurs. Prétexte, mais bon prétexte puisque « Un flic aux trousses » est un film de poursuite époustouflant. Il vaut un cent mètres haies. La chasse à l’homme, on l’a vue au cinéma sous toutes ses formes. La raison •m’en échappe et je ne vais pas courir après, mais il est vrai que c’est palpitant. L’intérêt de ce «Flic aux trousses» réside certainement plus dans la bonne interprétation des acteurs que dans les ficelles – que dis-je les câbles – du scénario. La course poursuite ayant lieu dans les rues de Laredo au Texas, on appréciera au passage la géographie des lieux. Mais au passage seulement, car tout va très vite. Heureusement sinon on s’ennuierait, comme on s’ennuie dans les scènes d’amour d’usage et dans le grand moment de vérité.

La martingaleLa martingale

Suspense et atmosphère de policier pour un film qui se déroule dans un milieu bien particulier le milieu des joueurs et des casinos. Avec la complicité d’une jeune femme (Catherine Spaak), Alex Joski (Omar Sharif) fait fortune sur les tapis verts des casinos. Il a mis au point une martingale infaillible pour gagner à la roulette. Alex Joski est évidemment soupçonné de tricher et il est suivi par la police qui tente de prouver qu’il n’est en réalité qu’un tricheur. Il ‘va sans dire qu’Omar Sharif était l’interprète rêvé pour ce rôle. Du sur mesure pour le plus célèbre des acteurs-joueurs. L’atmosphère des casinos est très bien recréée, avec ce qu’il faut de fumée, de bruits de verre de cristal qui s’entrechoquent. Un lieu finalement rêvé pour le suspense. Un policier original. Malgré les années, le presbytère Omar Sharif n’a absolument rien perdu de son charme, ni le jardin Catherine Spaak de son éclat.

Les traqués

Autoroute Rome-Paris. Alex rentre d’Italie avec la voiture de sa nouvelle épouse, Nicole, mais surtout avec, à ses côtés, le jeune Marc, dont il espère devenir plus et mieux que le simple beau-père. Voyage idéal pour nouer des relations entre les deux êtres qui se connaissent peu (Marc était pensionnaire à Rome). Mais là, un intrus va transformer ce trajet en cauchemar. Un van noir à vitres fumées «colle» à la petite R5 et ne va plus la lâcher. Qui est le conducteur de ce fourgon et que veut-il ? Ni Alex ni Marc n’ont la réponse. Ils ignorent même que leur chasseur vient d’assassiner froidement deux motards sur un parking de l’autoroute. Halte nocturne dans un hôtel. Le danger se précise l’homme tente d’étrangler Alex (Jean-Louis Trintignant) qui en réchappe de justesse. La police ? Elle ne croit pas aux victimes innocentes et Alex n’est désormais plus rien qu’un homme traqué. De nouveau la route, l’enfant qui a peur… et le van noir qui a disparu pour mieux revenir à la chasse. Bientôt la grande corniche… Laissons là le scénario (bonjour l’angoisse) pour convenir que Serge Leroy a su choisir habilement ses personnages. Trintignant, Darc, Fresson (le parano, c’est lui) et surtout le petit Richard Constantin interprètent avec justesse ce film bien dosé qui est à la fois un hommage à Spielberg (rappelez-vous « Duel ») et une preuve que le cinéma français est capable du meilleur suspense. Pas de temps mort, mais pas non plus de démonstrations inutiles. «Les traqués» est un film bien ficelé, palpitant jusqu’au final…

Police frontière

Le sujet de l’immigration clandestine des Mexicains qui passent la frontière américaine semble Passionner les réalisateurs outre-Atlantique. Mis à part «Alambrista» de Robert M. Young, peu d’œuvres traitent sérieusement un sujet aux graves implications sociologiques, voire même politiques. La plupart des autres films choisissent l’aspect western : «Un flic de choc» ou «Chicanos, chasseur de tête» avec Charles Bronson. Il faut dire qu’il y a là tout ce qu’il faut pour faire un bon film d’action.

Police frontièreD’un côté, les Mexicains fuient la misère et sont prêts à entrer par tous les moyens sur le territoire américain. Les passeurs leur extorquent l’argent et considèrent la vie de leurs « clients » comme chose négligeable. De l’autre côté, il y a les flics : ceux qui ferment les yeux parce que ça leur rapporte et ceux qui veulent faire respecter la loi à tout prix. Tony Richardson, dans « Police frontière », a préféré le spectacle pur à toute velléité de dénonciation. S’il parle des flics corrompus, c’est simplement pour montrer comment un homme apparemment honnête et consciencieux dans son boulot de flic, peut se voir contraint de participer au trafic d’immigrés parce que son épouse mène un train de vie que sa modeste solde ne peut pas assumer. Car ce même flic retrouve vite son «noble» cœur pour sauver l’enfant d’une Mexicaine aux charmes de laquelle il n’est pas indifférent… On peut s’étonner même que ce film d’action solidement ficelé soit signé Tony Richardson, un des cinéastes anglais qui, dans les années 60, militèrent pour le Free Cinéma, l’équivalent de la NouvelleVague. Tony Richardson, c’est «Un goût de miel», «La solitude d’un coureur de fond» ou encore «Tom Jones». Dans «Police frontière», faute deretrouver un grand cinéaste, on a la confirmation du savoir-faire d’un bon technicien. Un peu comme pour Jack Nicholson (qui passe une bonne partie du film caché derrière ses lunettes noires), on aurait aimé que des talents aussi hors du commun, nous donnent plus qu’un bon divertissement.

Escalier C

Escalier C16e arrondissement, un vieil immeuble sans fioritures, escalier C. Là, un microcosme où les locataires se rencontrent, s’écoutent, s’aiment. Parmi eux, Forster Lafont, un jeune critique d’art, hautain et cynique, que rien ne semble atteindre. Fils de diplomate, il méprise la terre entière et se délecte à descendre en flèche les pauvres artistes peintres. Son seul vrai copain,. c’est Bruno, un bohème perpétuellement fauché qui a réussi à s’incruster chez la jolie voisine. Aux autres étages, Claude, l’ho-rr o fragile, Béatrice et Virgil, le couple pro des engueulades publiques, et Mme Bernhardt, la vieille dame oubliée… Caricature grinçante de la société et de « ses » marginaux, ce sixième long métrage de Tacchelk a su éviter l’étude de mœurs laborieuse. Un scénario déroutant, pimenté de dialogues corrosifs, une interprétation remarquable, menée par Robin Renucci (odieux !), « Escalier C» n’est pas seulement un film, mais un univers, une ambiance. Et un régal.

La mélodie du bonheur

La mélodie du bonheurMaria est une jeune fille pleine d’esprit et de vivacité. Son caractère espiègle l’empêche de s’adapter à l’ambiance austère et stricte du couvent. La mère supérieure décide, un jour, de l’envoyer pour quelque temps dans le monde, afin de savoir si Maria est faite pour servir Dieu. Une comédie musicale bon enfant, menée de main de maître par le spécialiste du genre, Robert Wise, qui n’en était pas à son coup d’essai. Après « West Siée story » et sa multitude d’Oscars, il réédite son exploit : Oscar du meilleur film, meilleurs effets spéciaux, meilleur son, meilleure photographie et meilleure réalisation. C’est ainsi que fut récompensé « La mélodie du bonheur » aux États-Unis en 1965. Hélas, quelques passages un peu long lassent l’attention du spectateur. Julie Andrews, omniprésente dans un rôle qui semble écrit pour elle, relègue Christopher Plummer et Eléonore Parker à de simples faire-valoir. La bande originale du film est devenu un classique qui a bercé la jeunesse de la génération des « trente-trente-cinq ans » aux USA. « La mélodie du bonheur » reste un des chefs-d’œuvre d’Hollywood, même s’il ne vieillit pas très bien.

Tootsie

Tootsie Michael Dorsey est un comédien dans l’âme. Depuis des années, il rame comme un fou pour obtenir un petit rôle dans des pièces de théâtre à Broadway. Constamment refoulé des castings, il décide un jour de se travestir pour passer une séance d’essai pour un feuilleton populaire. Et, ô surprise, il est engagé dans le rôle d’une femme révoltée, toujours à l’af-fût du moindre soupçon de machisme proféré à son encontre. Tootsie devient très vite un phénomène de société. Toutes les femmes s’identifient à elle… Le voilà obligé de résister aux avances de ses collègues comédiens et de contrôler ses pulsions masculines envers une charmante camarade de plateau. Un enfer ! Du sur mesure pour Dustin Hoffman. « Tootsie » permet à l’interprète du « Lauréat » et de « Kramer contre Kramer » de prouver une nouvelle fois son talent d’acteur tout-terrain. Bien avant sa co-position époustouflante de Pain man », il réussit le tour de force d’incarner, dans le même film, deux rôles de front. Le comique de situation provoqué par Sydney Pollack ne tombe jamais dans la vulgarité. Jessica Lange, la protégée de « King Kong »dans le remake de John Guillermin et l’héroïne de Frances », met son charme fou au service d’un scénario qui sort des sentiers battus. Un excellent divertissement, qui vous est proposé dans une version originale sous-titrée en anglais par Cinévoice .