D’adolescent futile, le Festival de Cannes devient adulte responsable

Truffaut, Fellini, Bunuel, Visconti accèdent enfin aux palmarès. Boycotté en 1968,il laisse passer l’orage et, l’année suivante, tout se déroule sans heurts. C’est en 1972 que les organisateurs prennent la décision capitale de contrôler la sélectibn des films étrangers. Désormais, ce ne sont plus les pays qui envoient leurs œuvres, mais le festival qui choisit ou non de les présenter. Parallèlement à la compétition officielle, des manifestations se créent et se développent : la Semaine de la critique est la première en date, viennent ensuite la. Quinzaine des réalisateurs, Perspectives du cinéma français et Un certain regard. Cannes se rapproche alors de son visage actuel, puisque stars confirmées et auteurs en devenir sont également respectés. Ils participent de la même façon à l’évolution du 7e art. L’année 1983 voit l’ouverture, à l’époque contestée, du nouveau Palais, mais c’est dix ans plus tôt que la sélection française fait scandale avec «La maman et la putain» et « La grande bouffe». Depuis, nulle odeur de soufre ne vient maltraiter l’odorat de la faune obscure ou célèbre qui s’agite devant ou derrière la lanterne magique. Le miroir aux alouettes n’est pas près de se briser, et dans quelques jours, le jury du 43e Festival de Cannes, présidé par Bernardo Bertolucci, va rendre son verdict. D’ici là, soyez rassurés, bonnes gens et cinéphiles avertis, et n’ayez crainte, la palme dort…