Les fauves

Les fauvesDans la nuit parisienne, derrière son uniforme de vigile et son regard taciturne chargé d’un lourd secret, un homme subit sa vie comme un automate. Il s’appelle Berg. Ancien cascadeur, il aimait Bella, sa partenaire dans la vie comme dans le rodéo-automobile dont ils étaient les vedettes. Mais un soir, juste avant le spectacle, Bella a reçu une étrange visite et lui a annoncé qu’elle partait. Et, ce même soir, Bella est morte dans les flammes, pendant le show… à cause de Berg. Accident ou préméditation ? Berg le sait-il lui même ? Depuis, il erre dans sa vie, portant – comme tout héros romantique qui se respecte – un lourd fardeau sur l’âme et le cœur. Mais, en 1984, les romantiques ne sont plus ce qu’ils étaient. Le monde qui les entoure ne les laisse plus s’adonner tranquilles à leurs mélancolies. Au cœur de la nuit, lorsque les braves gens dorment, soigneusement enfermés chez eux, une faune s’empare des rues. La violence s’installe, la pénombre et l’insomnie réveillent de vieilles intolérances. Dans cet univers de bêtise et de haine latente, il suffit d’une étincelle (d’un viol puis d’un Meurtre…) pour mettre le feu aux poudres, pour donner des envies de lynchage et de chasse à l’homme. «Les fauves», par son sujet et la manière «très mode» dont il est traité, rappelle «Rue barbare». Mais sans le style très particulier de David Goodis et sans le parti-pris de baroque et d’irréalité. «Les fauves» joue la carte du western urbain (la course-poursuite dans le palais omnisport de Bercy encore en construction). Jean-Louis Daniel, le réalisateur, donne à son film la couleur et le rythme vidéoclip (le spectacle de cascades sur les quais de la Seine ou le show-présentation lingeries). Et les acteurs (surtout le trio Lazure-Léotard-Auteuil) s’en donnent a cœur joie dans la sur dramatisation du jeu. «Tout cela imprime au film un côté excessif qui séduit, malgré (ou à cause de) ses naïvetés».