Tir à vue

Les Bonnie and Clyde de la crise… C’est ainsi que l’on a envie d’appeler Marilyn et Richard, les deux «héros» de «Tir à vue».Tir à vue Elle a dix-sept ans, comme sont interprète (qui fut césarisée lors des derniers Césars pour «A nos amours» de Pialat). Elle a en elle un démon qui la pousse instinctivement vers la violence. Elle est acharnée et autodestructive. Lui est tout aussi mal dans sa peau, mais un peu plus âgé. Jusqu’à présent, il a le sentiment d’avoir raté sa vie. Sa rencontre avec Marilyn, c’est celle de l’amour fou, de la sensualité et du vertige de la mort. Dans un monde où les agressions et le terrorisme sont devenus ultra-quotidiens, on a du mal à accepter le lyrisme de Marc Angelo sur ces deux anges de la mort qui détruisent tout ce qu’ils touchent par plaisir, pour leur plaisir ! Ces rebelles sans cause, dévorés par le désespoir de leur jeunesse, dérangent sacrément parce qu’ils touchent quelque chose de trop vrai, de trop séduisant ! Côté film, Marc Angelo et son scénariste mettent dans la bouche de Marilyn quelques «énormités» de dialogue qu’ils ont consciemment voulues. Leur Marilyn vit sa vie comme une série B et parle par phrases clinquantes et toutes faites. Ça amuse parfois, ça exaspère souvent. Mais c’est tout à fait dans le style «ravageur» de Marc Angelo, qui signe là son premier film. «Tir à vue» possède, même dans ses excès de rythme, de couleurs, de scénario… une certaine force ! Mais ce sont les deux comédiens qui, en nous arrachant de force notre sympathie, finissent par emporter le morceau.