Stress

Apprêtez-vous à frissonner de peur. Vous êtes seule chez vous, il est tard, le téléphone sonne: au bout du fil, rien qu’un halètement maladif. Employons le féminin pour «seule» car n’importe quel spectateur, dans cette situation, ne peut que s’identifier à Nathalie (Carole Laure), qui vit dans un immeuble moderne avec sa petite fille, et s’aperçoit qu’elle est traquée par un inconnu qui lui veut du mal. Aux appels anonymes succèdent bientôt les messages macabres, comme ce cœur sanguinolent abandonné sur un siège de sa voiture. Un véritable cauchemar commence pour Nathalie, qui appelle au secours son ami et quasi-fiancé (André Dussolier), puis un singulier détective privé (Guy Marchand). Ce genre de suspense fonctionne toujours bien au cinéma : une femme sans défense est à la merci d’un persécuteur invisible, dont nous ignorons le visage comme les intentions. Toute la première partie de «Stress» met ainsi nos nerfs à rude épreuve. Le réalisateur, Jean-Louis Bertuccelli, a su créer l’angoisse pure, avec le concours d’une Carole Laure parfaite de vulnérabilité frémissante. Lorsque nous comprenons qui est le coupable, le film change de ton comme de respiration, et on en revient à un policier plus traditionnel, légèrement baroque. Mais on n’oublie pas de sitôt la terreur de la première partie.

Ultime violence

Ultime violenceIl était une fois un tueur fou… Et pas n’importe lequel : Nanni Vitali. Deux morts à son actif et une évasion spectaculaire d’une _prison italienne. Vitali est vraiment le dingue ! Sous prétexte de gangstérisme et de terrorisme, il continuera à frapper sauvagement un homme blessé, sans arme, à terre et presque mort. La bête enragée, quoi ! Ce film de Sergio Grieco (dont le titre italien original est «Labelva col mitra») mérite bien son titre français : «Ultime violence». Braquage, passage à tabac, coups de rasoir sur la poitrine, viol, séquestration d’otages, enterrement vivant.., on arrive presque au catalogue ! Il y a bien quelques petites notes sur le climat de violence de la fin des années 70 en Italie. On apprend que les gardiens de prison avaient des armes, mais pas de balles. Dans le rôle du dangereux meurtrier complètement paranoïaque, Helmut Berger en fait le maximum : dents serrées et regard illuminé. Marisa Mell fit aussi un joli bout de carrière (notamment dans «Danger Diabolik» de Mario Bava). Ici, elle est l’otage qui laisse des indices à la police mais qui, petit à petit, se laisse séduire par le tueur. A eux deux, ils font de «Ultime violence …» un peu plus qu’un simple film de gangsters.