L’homme de l’ouest

L'homme de l'ouestLe grand Gary Cooper a terminé sa carrière dans l’univers ensoleillé du vieil Ouest. Trois ans avant sa mort, il fut ce légendaire «Man of the West» sous la direction d’Anthony Mann, spécialiste d’un genre qu’il a cultivé avec ampleur et générosité, de «Winchester 73» à «L’appât», de «La charge des tuniques bleues» à «L’homme de la plaine». Il y est confronté à un acteur étonnant, qui joua très souvent les rôles secondaires avec un relief inattendu : Lee J. Cobb. Au début du film, Gary Cooper est un hors-la-loi repenti qui voyage paisiblement en Arizona, lorsque son train est attaqué par une bande de gangsters. Il est fait prisonnier avec les autres voyageurs et, pour que tout le monde ait la vie sauve, il feint de se ranger du côté des bandits dont le chef (Lee J. Coob) est précisément son oncle. Il lui suggère d’organiser le hold-up d’une banque, mais ce n’est vraiment pas facile de jouer ce double jeu… Mal accueilli à l’époque de sa sortie, «L’homme de l’Ouest» est l’exemple type du western «psychologique» qui a surpris une large partie du public habituée davantage aux joyeuses fusillades qu’aux drames de conscience et aux situations complexes. Admirablement filmé et mis en scène, il est cependant devenu un classique – et pour Gary Cooper, ce fut un de ses meilleurs rôles.

Les conquérants

Les conquérantsClassique du western dans la grande tradition des bottes à pointe et des J.B. Stetsons. Réalisé par Michael Curtiz, ce western en cinémascope fut interprété par des stars aussi grosses que celles des shérifs Errol Flynn, le jeune loup de Tasmanie et Olivia de Havilland, la guet-star d’«Autant en emporte le vent». La trame du récit tient en quelques coups de feux : c’est la lutte qui oppose .de courageux éleveurs (God. bless America) à un officiel corrompu dans une petite ville de l’Ouest, Dodge City. Le marshal (Errol Flynn) fera en sorte que la ville recouvre le calme, la sérénité et la bonne réputation chère aux bigotes de service. Que Dodge City redevienne à l’image des pionniers qui l’ont, créée et pas à celle des bandits qui l’ont pervertie. Scénario rasoir double action, mille fois rabâché sur tous les tons, mais prétexte à un bon film. Il y a des kilomètres de films du même genre que Dodge City ou «Les conquérants», mais peu importe. Dans le genre, Michael Curtiz est un précurseur, et ses films sont les plus authentiques qui soient. Les puristes du western dans les règles retrouveront le saloon, la gare, les chevaux, et les archétypes du cow-boy. C’est du cinémascope, ça court partout et ça galope et c’est rempli de cow-boys sans foi ni loi, des qui s’entretuent chaque fois qu’ils trouvent un cheveu dans le plat ! (cf. Boris Vian).