Horizons lointains

Horizons lointainsL’aventure est vraie, l’histoire d’amour peut-être un peu moins mais… En 1807, l’Amérique vient de racheter la Louisiane à la France et le Président des États-Unis, Jefferson, envoie une expédition de soldats volontaires dans cette région encore inexplorée et peuplée d’Indiens amicaux ou… sauvagement agressifs. Le but est de rejoindre le Pacifique et, ainsi, de conquérir une nouvelle frontière en s’offrant une mini-reconquête de l’Ouest. De l’époque historique, il reste surtout un bon vieux western et un tout aussi bon vieux mélo sentimental. Deux hommes, deux gradés sous uniformes, sont copains comme deux frères, mais une femme les sépare. Charlton Heston (mais qui résisterait à son sourire crispé et à son haleine fraiche ?) séduit la fiancée de son ami et néanmoins chef, Fred Mac Murray. Mac Murray, en bon gentleman, s’efface devant son rival. Et tous ces petits «mâles» partent pour leur expédition.En chemin, le bel Heston (qui résisterait à son…) rencontre une jeune Indienne avec qui il joue un jeu dangereux. Il «allume» la pauvre squaw. Il la désire mais Mac Murray lui rappelle qu’il s’est engagé ailleurs. Ah la fureur du désir ! Il est amusant de voir que Charlton le magnifique accepte de délaisser ses «héros positifs et nobles» pour un personnage qui n’a pas assez de volonté pour résister à ses pulsions et aux sollicitations des autres. Rudolph Mate, cinéaste de série B qui a touché un peu à tous les genres, joue avec franchise les conventions du western et n’a pas peur des bons vieux sentiments. Il vous mijote, avec un grand savoir-faire, ses scènes d’action. Et, surtout, il n’oublie pas qu’il a été, avant de passer à la réalisation, un grand chef opérateur. Sa photo, magnifiée par le procédé de la «Vista vision», est superbe. Le spectacle des contrées sauvages et des paysages grandioses, ça compte aussi ! Et vive la nostalgie hollywoodienne !