Fin du monopole en Allemagne

AllemagneChez nos voisins d’outre-Rhin, en République fédérale allemande, le monopole de l’Etat concernant la télévision vient de mourir. Une chaîne privée, SAT 1 (fondée par de grands groupes de presse comme Springer, Bauer, APF…) émet depuis le 1 er janvier 85, dans 16 villes d’Allemagne de l’Ouest. Un droit d’accès de 35 francs est demandé, afin de pouvoir être abonné au réseau câblé. Douze heures de programmes quotidiens, avec une majorité de films, des informations… Une chaîne qui se veut avant tout «distractive». Bien évidemment, tout n’a pas été sans problème : les Sociaux-démocrates étaient fortement opposés à ce projet, alors que la coalition au pouvoir, Libéraux et Chrétiens Démocrates, étaient pour. Cependant, du fait de la structure fédérale existant en RFA, les régions gouvernées par le SPD n’auront pas le droit de recevoir cette chaîne. Jusqu’à la prochaine élection, bien sûr. D’autant que SAT 1 est diffusé par satellite jusqu’au centre serveur qui renvoie les images vers le câble. Chaque partenaire se partagera le temps d’antenne, en étant totalement libre de le gérer comme il l’entend, y compris pour les messages publicitaires, qui sont_ très importants, puisque les éditeurs auront la possibilité de basculer les budgets de leurs journaux vers leurs heures d’antenne. Cela n’arrange pas les affaires des chaînes nationales, qui en avaient jusqu’ici le monopôle. Il est clair que cette position vise à contrecarrer en partie les projets du groupe Bertelsmann qui vient de prendre un accord avec RTL, afin d’avoir un accès au satellite TDF 1. Une affaire à suivre de très près.

450 chaînes émettent en Italie

italieEn 1984, il existait en Italie environ 450 chaînes de télévision privées. C’est le résultat d’un vide juridique vieux de huit années, et non encore comblé, dans lequel se sont immédiatement engouffrés nombre d’hommes d’affaires, attirés par ce nouveau marché, qui pouvait rapporter beaucoup d’argent. Si dans les faits, «la reconnaissance du droit d’émettre sur les ondes à l’échelon local», donc la fin du monopôle d’Etat, remonte à 1976, c’est depuis 1972 que le problème s’est posé. Cette année-là, le gouvernement italien prenait position pour le maintien du monopôle d’État, suite à des tentatives de télévisions libres, qui furent saisies. Or, la cour constitutionnelle, appelée à la rescousse par Télé Biella, l’une des télévisions libres visées, trancha pour ces télévisions, contre le gouvernement, en affirmant «que la télévision par câble étant assimilable au téléphone, elle ne peut être interdite à l’intérieur des municipalités». Quatre ans plus tard, cette décision était entérinée par le Parlement italien. Immédiatement, bien sûr, le visage de l’audiovisuel jusque là dominé par les grands réseaux publics, les trois chaînes de la Rai et trois stations étrangères, A2, TMC et Capodistria, changea complètement. Ces secteurs se virent fortement concurrencés par la naissance de très nombreuses chaînes privées. Les programmes : des séries B et des films, la plupart du temps étrangers. Premier résultat pratique, les salles de cinéma qui enregistraient, en 1976, 550 millions d’entrées tombèrent à 195 millions en 1983. L’industrie du cinéma italien, jusque là prospère et variée, en est morte. De plus, des groupes de pression importants, qu’ils soient politiques, économiques ou religieux s’y installèrent largement, n’hésitant pas à braver la loi, qui n’autorise que la diffusion locale, en instaurant des réseaux nationaux, via des relais hertziens. Grâce à cela, de véritables empires ont pu se constituer en toute impunité, le plus important étant, bien entendu, celui de Sylvio Berlusconi, un industriel du bâtiment qui détient les chaînes les plus regardées de la péninsule italienne : Canal 5, Retequattro et Italia 1. Entre son réseau et la Rai, c’est la guerre des ondes. En novembre 1983, Canal 5 comptait une moyenne de 8 109 000 téléspectateurs, contre 7 332 000 pour la Rai 1, la chaîne la plus regardée du secteur public. Et Italia 1, 4 012 000 téléspectateurs ! Grâce à ce nombre de téléspectateurs. Sylvio Berlusconi pouvait triompher : alors que la Rai affichait une perte de ’240 millions de lires. Canal 5 seule réalisait un bénéfice net de 5 millions de lires. Bénéfices réalisés, bien sûr, grâce à la publicité. Canal 5 et ‘talla 1 avaient ainsi réalisé en 1983, un chiffre d’affaires de 480 millions de recette publicitaire. Mais, égaiements, grâce à la concurrence acharnée que se livrent les chaînes privées entre elles.

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