Clips en stock

Que les vidéoclips soient là pour rester, qui pourrait encore en douter ? Mais que leur forme, leur longueur évoluent, on en a déjà des preuves. Comme toujours, un des précurseurs est David Bowie et son Jazzin’ for Blue jean, ce court métrage qui entoure cinématographiquement une chanson et permet à la star de jouer aussi la comédie. Cette tendance va s’accentuer en 85. Déjà sont en projet une version longue et différente du Relax des grands vainqueurs de 84, Frankie goes to Hollywood. et que réalisera Brian de Palma. De la même façon d’autres cinéastes confirmés prennent goût à la chose : après Sam Peckinpah (quelques mois avant sa mort) qui tourna deux clips pour le fils du grand Lennon, Julian, c’est au tour de William Friedkin qui avait déjà clippé Self control de récidiver avec la même Laura Branigan dans To live and die in L.A. Ainsi donc le clip gagne ses lettres de noblesse et dépasse son seul «rôle» de soutien publicitaire. Un art mineur qui produit aussi presque anonymement quelques petites merveilles dont le Small-town boy des Bronski Beat est un remarquable exemple. Cette histoire d’un jeune homosexuel obligé de quitter son milieu familial, sa ville, a des accents, une atmosphère à la Kenneth Loach. Ce train de banlieue, ces cottages tristes, le breakfast à la grimace après que les parents apprennent la nouvelle : on retrouve cet intimisme juste d’un certain cinéma anglais. Pas de mots, des regards lourds de sens, des flashbacks et ce rythme musical électronique sur lequel la sublime voix de castrat de Jimi semble planer, aérienne. Quand ce clip fut diffusé pour la première fois en France, le groupe était encore inconnu. Son pouvoir émotionnel, rare dans le monde du vidéoclip, a tout de suite fonctionné à la perfection. Ce train qui part vers un ailleurs laissant une mère en larmes et un père, brave prolo, groggy, restera comme un must de l’année 84. Depuis, le groupe occupe la première place des hitparades, et son chanteur rasé, «un James Cagney dont on aurait coupé les jambes» selon la formule d’un chroniqueur d’un journal du matin, est devenu une star.

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