Sylvie lady vamp !

Sylvie lady vampFlashback, il n’y a vraiment pas longtemps de cela. Rappelez-vous la trilogie magique en S majeur sixties/Sylvie/SLC. Un ménage à trois que rien n’ébranle, pas même les plus agités des mois de mai. Un peu plus tard, l’équation ressemble de plus en plus à seventies/Sylvie/star. Plus un nom, Vartan, qui s’inscrit avec une belle régularité au fronton de divers palais, des Sports ou des Congrès. Sonnez tambours, jouez trompettes, brillez paillettes, la reine Soleil prépare aujourd’hui sa campagne d’Amérique en nous offrant, en guise d’apéritif-vidéo, la cassette du show présenté à Las Vegas, en décembre 1982. Autant de (bonnes) raisons de la rencontrer et de découvrir que la femme sympathique discrètement chaleureuse et professionnelle jusqu’au bout des ongles, que j’ai en face de moi. se trouve à des années blondeur – lumière de la vamp glacée pour couverture de magazine. Le charme est là, bien sûr, conjugué au féminin singulier du participe talent. Le tout signé Sylvie signe du Lion.

Parlez-nous d’abord de ce fameux show de Las Vegas. A-t-il été préparé différemment de vos spectacles français ?

Ce show représente un événement majeur dans ma carrière dans la mesure où je me produisais pour la première fois aux États-Unis. Sentimentalement pour moi, c’est important. Mais on ne peut pas parler de grande différence avec mes autres spectacles car, qu’ils soient présentés en France ou ailleurs, je garde toujours les numéros que j’aime bien. Le choix de mes chansons ne change pas tellement, sauf que je chante davantage en anglais là-bas.

A l’heure où une majorité de chanteurs présente des shows à gros budget, vous annoncez votre intention de vous orienter vers des spectacles plus traditionnels comprenant davantage de chansons à texte. N’est-ce pas paradoxal venant de vous ?

J’ai commencé à présenter des shows à grand spectacle vers la fin des années soixante car personne ne le faisait à l’époque, du moins dans le domaine des variétés. J’étais très excitée de présenter ce genre de shows, mais aujourd’hui que tout le monde s’y est mis, ça m’intéresse moins. D’autant plus que je commence à me lasser moi-même de faire toujours la même chose. En fait, tout dépend des chansons. Dans l’absolu, j’ai envie de changer de formule et de m’orienter vers des spectacles plus intimes, mais certaines chansons ont un côté tellement visuel que je finis par me laisser faire…

Certains chanteurs font également mettre en scène leurs spectacles par des réalisateurs de théâtre…

C’est une très bonne idée au demeurant. Il est très difficile d’être l’artisan de son propre spectacle. Un apport extérieur et le talent de quelqu’un d’autre se révèlent alors d’un grand secours, et puis, à la longue, on se dessèche à force de tout faire soi-même. De toute façon, on est toujours seul au music-hall, on doit tout porter sur ses épaules. Malheur à ceux qui se trompent ou qui font un bide. Ils s’en relèvent très difficilement. Ce n’est pas le cas pour les acteurs de théâtre ou de cinéma qui sont toujours épaulés par le réalisateur qui les dirige, l’histoire, le montage.

Depuis quelque temps, on assiste à un engouement pour tout ce qui concerne les sixties. Trouvez-vous cela justifié ?

Oui, car les années soixante constituaient une époque spéciale et privilégiée dans la mesure où elles correspondaient également à un changement total dans la musique. Toutes proportions gardées, on peut comparer cette transition à une espèce de révolution, c’est un peu comme quand, au cinéma, est passé du muet au parlant. Cette énorme cassure musicale était, de surcroît, beaucoup moins accentuée aux États-Unis qu’en France où on est directement passé de la chanson française traditionnelle au rock and roll. On s’est aussi rendu compte à ce moment de l’importance prise par la jeunesse, du fait qu’elle existait et formait un public à part entière, avec ses propres idoles, ses envies, son style. Depuis, je ne considère pas qu’il y ait eu de changements aussi brutaux, sans doute parce que la musique n’a pas vraiment évolué de façon, révolutionnaire. Le grand fait, notable, dans la chanson aujourd’hui, c’est que la musique tend de plus en plus à aller vers l’image.

Pendant longtemps, des adjectifs étiquettes tels que courageuse, travailleuse et glaciale vous étaient régulièrement apposés. Cela s’est quelque peu estompé aujourd’hui. Comment y réagissez-vous ?

Il est d’abord très difficile d’être une femme dans le show-biz car c’est un métier d’homme. Il faut bien savoir ce que l’on veut pour arriver à faire ce dont on a envie. Or, quand vous avez une idée exacte de votre métier et de ce que vous voulez projeter, les gens prennent peur et vous qualifient de femme courageuse, froide et déterminée, des adjectifs qui ne sont pas agréables à entendre, surtout de la façon dont ils sont formulés. Je ne sais pas pourquoi il a toujours fallu donner des explications à mon égard. Mon image de femme glaciale vient sans doute du fait que je suis quelqu’un de pudique et réservé et que je ne me livre pas facilement. Je n’ai jamais cherché à me fabriquer un personnage, à faire semblant d’être quelqu’un d’autre ; j’ai une certaine rigueur dans mon travail et dans ma vie, mais cela ne m’empêche pas de m’amuser et d’être détendue… Ce n’est pas parce que l’on sait ce que l’on veut et qu’on ne flotte pas en permanence qu’on est moins artiste qu’un autre !

En 1979, vous avez été la première chanteuse française à tourner deux clips lors de la sortie de votre disque américain «I don’twant the night to end». Depuis, plus rien. Pourquoi ne pas avoir donné suite à cette expérience ?

J’avoue avoir un peu négligé cet aspect, mais il faut dire que, ces dernières années, j’ai eu du pain sur la planche. Je compte me remettre sérieusement au clip ce mois-ci, pour illustrer une des chansons de mon prochain album américain. Cela dit, puisqu’on parle de clips, je constate une certaine disparité entre ceux qui sont faits aux États-Unis et les clips français. J’estime que, par rapport à ceux qui sont montés aux États-Unis et qui vont jusqu’à coûter parfois 300.000 ou 400.000 dollars, quand, en France, on ne dépense que 300.000 francs, il est sûr qu’on ne peut obtenir la même qualité. Attention, je ne dis pas qu’un clip de 300 millions d’anciens francs est forcément meilleur qu’un de cinquante, mais il existe de fortes chances pour que la différence soit visible par le public qui, recevant tout en bloc, ne manque évidemment pas de faire des comparaisons entre eux.

Y a-t-il des clips qui vous ont marquée dernièrement ?

Étant abonnée à MW à Los Angeles, je les vois tellement défiler tout au long de la journée que je n’y prête même plus attention. «Beat it» et «Thriller» de Michael Jackson m’ont assez impressionnée à leur sortie. J’aime bien aussi les clips de Lionel Ritchie ainsi que ceux de Cyndi Lauper que je trouve fous et très bien réalisés. Mais je dois vous avouer que je ne suis pas très « cassette » en général. J’ai beaucoup de mal à mobiliser mon esprit dans un espace, à me concentrer sur un petit écran chez moi, dans mon environnement. Il me faut le noir, le silence, le calme absolu pour être complètement déconnectée et prise par ce que je regarde, ce qui n’est pas chose facile. Ce que je veux, c’est voir un film sur grand écran, avec un son extraordinaire, le cinéma, quoi… La vidéo convient à des œuvres intimistes .ou des variétés, mais pas à des films comme «Star wars», «Gandhi» ou «Amadeus», le nouveau film de Milos Forman, un authentique chef-d’œuvre.

Toujours à propos de vidéo, je suppose que « piratée » comme bon nombre de chanteurs, vous devez bien avoir votre opinion sur la question…

Ce qu’il faut savoir, avant tout, c’est qu’un show présenté au music-hall est conçu et présenté en fonction des besoins scéniques d’un chanteur. Si ce dernier décide de faire filmer son spectacle pour la télé ou le cinéma, il est évident que des dispositions techniques sont alors à prendre et qu’il faut filmer l’ensemble sous différents angles avec des éclairages supplémentaires à ajouter. Les pirates filment le tout n’importe comment dans des conditions aléatoires et les gens se basent alors sur ces documents pour juger les prestations d’un artiste. Ce procédé devrait être rigoureusement interdit car il trahit, d’une certaine façon, le travail d’un chanteur, surtout du moment qu’il y a piratage, donc détournement de l’image et du son. Il y a encore peu de temps, le vidéophile se contentait de retrouver sur son écran TV des images qu’il avait pu enregistrer, ou un film qu’il avait loué. Ce seul miracle semblait lui suffire. Puis il réclama des fonctions plus sophistiquées, des ralentis, des arrêts sur image, la visualisation accélérée, avant et arrière, s’il vous plaît ! Aujourd’hui, tout cela est presque banal… Mais il reste encore un terrain bien à part sur lequel les magnétoscopes peuvent largement s’améliorer : le son. Eh oui : tandis que les salles de cinéma rivalisent de qualité sonore (Dolby, stéréo séparée, enregistrement numérique), la vidéo garde une qualité sonore bien médiocre. Souvent juste égale à celle d’un magnétophone mono de milieu de gamme… Déplorable, quand on sait qu’un son pur et large donne de l’ampleur à l’image ; et ne parlons pas des vidéocassettes musicales ! Le vidéophile bricole donc : il raccorde son magnétoscope ou son téléviseur à sa chaîne hifi, et améliore ainsi un peu le rendu sonore. Mais c’est encore insuffisant. Le nouveau magnétoscope JVC, qui porte le doux nom d’HR D 725 S, est stéréo et hifi : deux appellations qui ne sont absolument pas, usurpées, on l’entend dès les premières minutes du test ! L’enregistrement du son emploie une nouvelle technique : les têtes audio de lecture et d’enregistrement sont situées juste à côté des têtes vidéo et utilisent donc sur la bande, non pas une piste longitudinale (classique pour le son), mais une piste hélicoïdale, semblable à celle de l’image. C’est-à-dire que l’audio bénéficie alors de la richesse de signal et d’informations qui est normalement réservée à la vidéo. Mais le son ne prend-il pas alors de la place à l’image sur la bande, objectera-t-on ? Justement non : le procédé se nomme D-MPX, ce qui veux dire «multiplex en profondeur» (vous l’aviez deviné). En fait, audio et vidéo sont enregistrés parallèlement, mais sur des couches différentes du revêtement magnétique de la bande. Et le tour est joué, images et son riches cohabitent dans un même espace ! Le D 725 S conserve quand même un système audio classique, en supplément. En effet, les cassettes préenregistrées n’utilisent encore presque jamais cette nouvelle technique stéréo. Il faut donc pouvoir lire normalement leur piste son… C’est une lacune du procédé, puisque le son est dans ce cas juste un peu meilleur que sur un scope banal ; il faut attendre que les éditeurs suivent. En fait, les exceptionnelles qualités sonores de ce VHS hifi stéréo sont pleinement utilisées avec les propres enregistrements de l’utilisateur. Le son de la TV peut être enregistré en hifi : rendu assez nettement meilleur. Tous les doublages son sont possibles : simultanément, sur les deux voies de la stéréo ou sur l’une d’entre elles seulement. A vous donc les vidéoclips haute fidélité stéréo doublés avec le disque ; à vous de subtils mixages entre les deux voies (musique sur l’une, commentaire sur l’autre pour les fameux «souvenirs de vacances»). Enfin, certains programmes sont quelquefois diffusés simultanément sur TV et radio FM : facile, avec ce nouveau scope, d’enregistrer le son d’un côté, et l’image de l’autre… On notera que toutes les manipulations de doublage ne sont pas évidentes et qu’il faut parfois recourir à des mixages successifs. Et l’image ? Elle est bonne, merci, et même très bonne : quatre têtes vidéo se chargent d’éliminer les barres de parasites en accéléré, ralenti ou arrêt sur image. On appréciera encore une fonction très rare : les bandes peuvent être visualisées, en avant ou en arrière, à vitesse variable de neuf fois la vitesse normale à 1/40. Le reste est plus classique, mais se situe toujours dans des performances haut de gamme : le raccord entre séquences se fait automatiquement et exactement sans aucun scratch ; la fonction d’insertion permet d’intercaler une ou plusieurs images dans un autre enregistrement, avec une parfaite précision ; l’insertion peut permettre aussi des raccords au millimètre. Le «topage» de séquence est possible : un signal est déposé sur la bande, le scope fait la recherche automatiquement. Autre contrôle : un indicateur de bande restante, très précieux, permet de ne jamais se retrouver par surprise à cours de munitions ! Les possibilités d’enregistrement différé sont bien dignes d’un scope new wave : 8 programmes sur 14 jours, plus la touche OTR d’enregistrement instantané en 30, 60, 90,- ou 120 minutes. Bref, pas une fonction n’a été oubliée ! Même l’esthétique de l’appareil semble avoir fait l’objet de soins attentifs : une ligne mince et effilée (10 centimètres de haut seulement), un habillage uniformément noir, qui vient habilement souligner l’éclat et le nombre des voyants lumineux, fenêtres claires et larges pour l’heure et les programmes, et même diodes luminescentes pour les crêtes d’enregistrement audio ! Superbe, une vraie symphonie de couleurs ! On appréciera le chargement frontal de la cassette à double volet, indiquant toujours si une cassette est déjà présente ou non : désormais classique chez JVC. La partie arrière du scope recèle tous les branchements : antenne, entrée et sortie vidéo, prises casque et micro, et 3 couples (stéréo oblige) de branchements audio, entrée, sortie et mixage. Une fois de plus, rien n’a été oublié (c’est hélas rare…). Un dernier compliment pour la télécommande, très fonctionnelle, et elle aussi tout de noir vêtue : touches larges et souples, et surtout un bouton par chaîne, ce qui est bien plus commode que le système de défilement + /— ! Le prix du HR D 725 S est à la hauteur de ses performances : 12.000 francs.

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